Depuis le premier septembre et jusqu’au 17 avril prochain, la capitale britannique célèbre le 350e anniversaire du Grand Incendie qui l’a presque totalement détruite en 1666. Le clou des divers spectacles, expositions, concerts, sera, ce dimanche soir, à 20 h 30 (locales), l’embrasement d’une gigantesque maquette sur les bords de la Tamise, d'une emprise de 120 mètres de long, qui a mobilisé des centaines de volontaires pendant des mois.

Larges retransmissions

Le site Visit London et la BBC retransmettront l’événement en vidéo, qui sera filmé par de multiples dispositifs de prises de vues.Le Great Fire s’était déclaré aux toutes premières heures du 3 septembre 1666 dans la boulangerie de Thomas Farynor (ou Farriner, le Farinier) sur Pudding Lane, qui mène au London Bridge.

Publicité
Publicité

L’employée du boulanger sera l’une des toutes premières victimes. Le feu se propagera en quatre jours jusqu’aux fossés de la Tour de #Londres et à la moitié de Fleet Street (sur plus de 2 km le long de la Tamise), gagnant, au nord, jusqu’à Moorgate, et ravagera la cathédrale Saint-Paul.

Seuls six décès seront recensés, mais le nombre des disparus, trop carbonisés pour être décelés, fut certainement très supérieur : 7 habitants sur 8 (pour environ 80 000 intra-muros et vers le faubourg de Fleet Street) se retrouveront dans des camps improvisés. Les restes de 13 200 habitations, 87 églises, des douzaines de bâtiments seront rasées, la température ayant atteint 1 250° (selon des examens ultérieurs menés sur des poteries). Le départ de l’incendie a été attribué d’abord à des Bataves, puis au Français Robert Hubert, natif de Rouen, un horloger, qui n’avait rejoint Londres que trois jours après l’incendie mais fut forcé de donner plusieurs versions de ses actes présumés et de se déclarer espion du Pape.

Publicité

Il fut exécuté sur l’emplacement de la prison de Newgate, très endommagée, devenue depuis l’Old Bailey (la cour criminelle de Londres).

Le concepteur de la maquette dont certains éléments sont grandeur nature est l’Américain David Best, qui œuvre au #Festival du Burning Man (Nevada) depuis 2000. Les 16 monuments éphémères du festival ont été détruits par la feu la nuit dernière. David Best avait érigé un temple népalais de quatre étages surmontés d’une coupole.

45 minutes de spectacle

Le spectacle de ce soir devrait durer un peu moins de trois quarts d’heure : le site se compose de 190 maquettes d’habitations ou de bâtiments. Outre les expositions, d’autres centres d’attractions captiveront habitants et visiteurs à travers la capitale. La Compagnie Carabosse (France) a été conviée à créer un « jardin de feu » face à la Tate Modern Gallery, divers spectacles gratuits sont en cours ou débuteront ce soir. Le dôme de St-Paul sera, jusqu’à 23 h (locales) illuminé, donnant l’impression qu’il est embrasé.

Publicité

L’actuelle Londres historique – reconstruite en briques – a conservé la plupart du tissu des voies de l’époque. Divers plans de reconstructions, plus ou moins structurés de manière orthonormée (avec rues perpendiculaires et diagonales) furent rejetés en raison des disputes légales entre propriétaires des terrains arasés. Certaines rues furent cependant élargies pour prévenir de nouveaux incendies. Une colonne de 61 m a été érigée près de Pudding Lane pour commémorer le désastre ; en 1668, une inscription sur son socle – depuis effacée – mettait en cause « la malveillance de la faction papiste ». Le Great Fire assainit la ville qui ne connut plus d’épidémies de peste ; mais il marqua aussi le début d’une gentrification qui ne s’est pas démentie depuis.

Les incendies célèbres ont toujours eu de fortes conséquences, comme celui d'une boîte de nuit à Bucarest (le Premier ministre roumain fut contraint à la démission). Depuis celui de la bibliothèque d'Alexandrie en passant par les ceux de Rome, jusqu'à celui du Reichstag de Berlin, et plus récemment (1996), de la Fenice, du Tunnel du Mont-Blanc (1999), aucun n'a égalé en ampleur le Great Fire. #Royaume-Uni