Pourquoi prendre un risque en développant une histoire originale alors qu’on peut attirer les spectateurs en racontant toujours et encore les mêmes histoires ? Si la recette n’est pas nouvelle, elle s’est modernisée.

Hollywood déteste le risque

Le remake, c'est une bonne idée : En cause, le facteur humain tout d’abord. On ne filme plus comme on filmait il y a, ne serait-ce que 20 ans. Beaucoup de choses ont changé dans la façon de créer des images. Mais aussi, le rythme des films a changé ! Sans pour autant citer Michael Bay et ses montages ultras dynamiques, l’évolution du montage des films fait qu’on a le sentiment que tout va plus vite.

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Les films anciens semblent donc en décalage avec les canons modernes de la dramaturgie. Le sentiment est le même si l’on regarde un vieux match de foot sur YouTube : on a le sentiment que les joueurs jouent au ralenti. Les spectateurs et notamment les jeunes, par l’intermédiaire des films mais aussi des séries et jeux vidéo, sont désormais habitués à ce qu’on leur raconte une histoire avec un certain rythme à l’écran. Pour terminer, le numérique a changé la donne. D’abord, le passage de la pellicule au tout numérique a changé l’image et sa perception. Puis, avec les effets spéciaux toujours plus performants, ce qui était laborieux à créer à l’écran il y a 30 ans est beaucoup plus facile désormais même si les coûts ont explosé.

Hollywood et son rapport au film « culte »

En 1999, George Lucas lance sa nouvelle trilogie avec La menace fantôme.

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Juste avant, Lucas nous fait le coup de la ressortie de Star Wars de 1977 relifté avec des effets spéciaux dernière génération. Sans être un remake ni un #reboot, on nous fait quand même le coup de la même histoire mais encore mieux ! Le résultat laisse perplexe même si les prochaines générations qui ne connaîtront que cette version trouveront ça très bien.

Cet été, est sorti Ghostbusters nouvelle version. On jette tout et on refait le film avec des éléments différents : des femmes à la place des hommes, de nouveaux fantômes mais en gardant les anciens pour faire le lien avec le film de Ivan Reitman sorti en 1984. La vraie différence avec le film de 1984 est sans doute le résultat : une semaine d’exploitation en France seulement pour le remake de 2016 et même pas 200.000 entrées au compteur. On est loin du film culte. Et ce n'est pas fini : on a eu le droit à Conan, Les 7 mercenaires, Robocop, Total Recall ... A quand les remakes de remakes ?

Hollywood reboote les licences

Le reboot le plus lassant est dans doute celui de la licence Spiderman.

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En 2002, Sam Raimi lance son #Spiderman, vrai succès à la fois critique et public. C’est le studio Sony qui détient les droits de la licence cinématographique de Spiderman, une vraie manne pour ce studio. Seulement voilà, entre temps, Marvel passe sous pavillon Disney et désire reprendre le contrôle de ses personnages laissés à d’autres studios, à l’époque où Marvel Studio n’était pas encore le mastodonte qu’il est devenu. Le contrat passé avec Sony stipule que si Sony n’exploite pas la licence Spiderman, le personnage revient dans le giron de Marvel. Donc, pour ne pas perdre la licence, Sony se voit dans l’obligation de faire des films Spiderman. Après la première trilogie de Sam Raimi qui va jusqu’en 2007, une nouvelle série de films Amazing Spiderman, réalisée par Marc Webb arrive sur les écrans. On ne s’embarrasse pas de détails et on reprend l’histoire au début. Et c’est reparti ! Mais faute de résultats convaincants et sous la pression de Marvel, Sony annonce de nouveaux Spiderman, sans même avoir l’histoire, le réalisateur et tout le reste. Mais annoncer la sortie d’un film équivaut à bloquer sa licence. Vitale pour Sony, sa licence vedette qui sortira en 2017 Spider-man : Homecoming puisqu’un accord a été trouvé entre Marvel et Sony. Déjà, on a pu voir Spiderman dans Captain America : Civil War. Les remakes et reboots ont de beaux jours devant eux ... seulement si le public suit ! #Hollywood