Troisième film de la réalisatrice Rebecca Zlotowski, "Planétarium" raconte le parcours de deux jeunes américaines, Laura et Kate Barlow, qui arrivent à Paris fin des années 30. Elles montent sur scène dans un étrange numéro de spiritisme, et attirent l'attention d'un producteur de #Cinéma, André Korben. Celui-ci décide de les héberger et de monter un film sur le sujet. Il engage Laura pour le rôle principal, marqué par sa photogénie évidente face à la caméra. Intrigué et fasciné par les dons de la jeune Kate, il tente d'immortaliser son pouvoir dans son film : celui de faire apparaître les morts ! Pendant ce temps, l'antisémitisme grandit en France, et menace l'avenir du producteur de cinéma, d'origine juive...

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Un film poétique et confus

Le film traite de plusieurs sujets en même temps, puisqu'il aborde le spiritisme, la relation entre les deux soeurs, les sentiments naissants de Laura pour André Korben, le développement du cinéma et la montée de l'antisémitisme en France, à la fin des années 30, période d'entre deux-guerres, marquée par la crise économique. La réalisatrice Rebecca Zlotowski s'est inspiré de l'histoire réelle de deux américaines, les soeurs Fox, qui se produisaient en spectacle, à la fin du XIXème siècle, et étaient connues et acclamées comme médiums. Un autre personnage, celui du producteur de cinéma juif, renvoie directement à Bernard Nathan, qui dirigeait le groupe Pathé en 1929, et finit par être arrêté et assassiné à Auschwitz pendant la deuxième guerre mondiale.

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Ces différents thèmes finissent par rendre confus le film, la réalisatrice n'arrivant pas à les traiter en profondeur, ni à placer l'un des sujets en avant. Malgré le jeu impeccable des acteurs, le film finit par manquer d'émotion et le manque de rythme dans l'intrigue se fait sentir. Pourtant, une certaine poésie finit par se dégager du film, grâce à la mise en scène sublime et la beauté de plusieurs scènes, qui hypnotisent et marquent le spectateur. "Planétaruim" est un film complexe et étrange, entre ombres et métaphores, qui finit par refléter la confusion de notre époque actuelle, tiraillée entre extrémismes et réalité virtuelle.

Nathalie Portman et Lily-Rose Depp, étranges grâces

Le film est porté par trois acteurs. Emmanuel Salinger, parfait dans le rôle d'André Korben, campe un homme, qui semble hanté par les démons futurs, qui conduiront à sa mort. Mais il ne mesure pas la haine qui se développe autour de lui. Lily-Rose Depp, que l'on a pu voir récemment dans la Danseuse de Stéphanie Di Guisto, confirme par son jeune talent son statut de révélation du cinéma français et américain.

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Elle joue sur sa grâce mais parvient aussi à rendre le personnage de Kate Barlow, étrange, habité, enfantin et mâture tout à la fois. La perle poétique et mystérieuse du film !

Quant à #Nathalie Portman, elle domine le film, dans le rôle de Laura Barlow, tiraillée entre ses sentiments naissants pour André Korben, le manque d'argent et l'incompréhension face aux pouvoirs de Kate, qu'elle ne comprend pas. La jeune femme, fausse médium, se trouve un avenir dans le cinéma, et confronte son besoin de contrôle et le vide sentimental, au jeu d'actrice. La réalisatrice Rebecca Zlotowski, par ce film dans le film, met l'actrice face à son propre personnage, ce qui est fascinant. Elle filme son actrice de près, et rend parfaitement la sensualité d'un geste ou la profondeur d'un regard : une grâce qui trouble et imprègne "Planétarium". Un film à découvrir pour sa poésie et ses multiples sens, mais qui peine à marquer son empreinte. #Films