Mademoiselle, adapté du roman Du Bout des doigts (2002) de Sarah Waters, signe le grand retour de Park Chan-Wook (Stoker, Old Boy). Le récit est, ici, transposé dans la Corée des années 30. Le film narre une histoire d'amour sous couverte de manipulations et d'un érotisme freudien. Comme à son habitude, Chan-Wook nous propose une oeuvre d'une beauté exemplaire et bouleversante. Chaque plan est à couper le souffle, la mise en scène est hissée à un niveau rarement atteint. Techniquement le film force l'admiration et le respect. Qui plus est, il marque par ses scènes subliminales osées et vicieuses, tout en restant poétique. Il explore la psychologie humaine autour d'un jeu de duperie poignant.

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Ce drame se décline en différents chapitres, chacun adaptant un point de vue différent sur l'intrigue. Le spectateur suit donc tour à tour diverses situations sous des angles différents, alimentant ainsi les rebondissements de façon efficace. On se retrouve en effet pris d'empathie, de compassion pour l'un et l'autre des personnages. De plus, une ambiance à la fois envoûtante et suspicieuse plane sur tout le récit. Les 2h20 se font peu ressentir. Au fil des rebondissement, l'intrigue s’immisce dans un cadre plus dérangeant, plus vicieux. Park Chan-Wook s'est appliqué pour retranscrire avec application les vices et les fantasmes freudiens qui nous habitent. Jamais sombre ni vulgaire, Mademoiselle se ressent comme une poésie érotique et profonde. Explorant l'inconscient de ses protagonistes.

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Une bande-son envoûtante

L'univers est sublimé par la sensationnelle B.O de Jo Yeong-wook, déjà à l'origine de la bande-son d'Old Boy. Les musiques nous transportent et nous accompagnent dans cette romance si particulière. Dans chaque note émane une émotion, une sensation, comme si l'atmosphère qui hante Mademoiselle s'extirpait de son silence pesant pour toucher notre âme. D'ailleurs, avant le début du tournage, le réalisateur a fait écouter 3 CDs à toute l'équipe, afin de les imprégner de l'atmosphère du film

Des acteurs surprenant et talentueux.

Kim Min-hee campe le rôle d'Hideko, riche femme japonaise au passé douteux. Sa beauté doublée de sa prestance naturelle font qu'elle s'épanouit à merveille dans son rôle. Kim Tae-ri, la servante Sookee, est éblouissante pour son premier rôle. Elle marque le film de son empreinte. Une prestation admirable. Rien à redire pour Ha Jung-woo non plus, seul véritable représentant de la gente masculine, il est des plus convaincant dans la peau du compte. Un film de femme donc, porté par une mise en scène et une photographie d'une beauté folle, couplé d'une bande-son parfaite. Manipulation, sexe, amour, rire, larme, névrose... Avec Mademoiselle, Park Chan-Wook frôle la perfection. #Films #Cinéma