Qui aurait cru, vingt ans plus tôt, que se tiendrait un salon de fictions gays ? Et pourtant ! La Y/Con convention (le Y faisant référence à "Yaoi" et "Yuri", les mangas de romances gays) en est à sa sixième édition ! Et ce n'est pas un modeste succès, puisque entre l'édition de cette année et celle de l'année dernière, la surface d'exposition à littéralement doublé ! Ce n'est pourtant pas un genre qui a une grande visibilité auprès du grand public... Alors, pourquoi ce succès ?

Quel public, pour les homo-fiction ?

Contrairement à une idée reçue, la plupart du lectorat de romances gays… N'est pas gays. En fait, on trouve surtout des jeunes filles (à partir de 14-15 ans), essentiellement intéressées par les couples d'hommes.

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Un nouveau fantasme féminin?

Ce qui ne veut pas dire, et de loin, que les femmes sont les seules intéressées ! La Y/con se veut un espace d'expression total, pour hommes, femmes et non-binaires! Sortez les cosplays ! Mangas, jeux vidéos, séries, dramas coréens, tout y passe, entre les cheveux colorés, les percings et les arc-en-ciel. Un espace qui se veut libre... Au point d'interdire l'accès au moins de 16 ans.

Point de chasteté !

Et oui, ici, l'amour n'est pas prude... Entre les diffusions de séries, les sujets des conférences, les livres exposés, et les défilés de cosplays très osés, il n'y a guère de place pour la chasteté. Sans tomber dans la pornographie, l'homo-#Fiction est un genre décidément érotique...

Ce qui permet, entre autre, de parler sans tabou. Rencontre avec les auteurs, conférences...

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On y parle du rôle des fan-fictions, de la réécritures et réadaptations de vieux schémas narratifs (comme les contes) à l'air du temps, de lectorats et de nouvelles histoires; mais aussi de la place de la communauté #LGBT dans la société et les médias, de la culture du viol, de la non visibilité des transexuels (avec, notamment, l'intervention de Sophie Labelle), de la stigmatisation dont beaucoup sont victimes, de l'évolution (ou non) des mentalités... Car en France ou ailleurs, les homosexuels restent en marges de la société, voire de la légalité, avec tous les dangers que ça peut compter.

Bref, on mêle le sérieux au divertissement, et le divertissement au sérieux.

Un espoir ?

Quoi qu'il en soit, le développement de cette branche encore méconnue – et ô combien stigmatisée ! – de la fiction semble symptomatique d'une plus grande ouverture d'esprit au sein d'une société qui avait tant de mal à concevoir, quelques années plus tôt, le mariage gay. Certes, le combat, pour la communauté LGBT, n'est pas gagné.

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Mais plus la représentation de personnages à l'orientation non-hétéro augmente dans les livres, mangas et séries grands publics, plus les préjugés se meurent, et plus les concernés peuvent espérer vivre en paix, ou, au moins, être reconnus et acceptés pour ce qu'ils sont. Ni plus, ni moins.

En ce cas, pourquoi s'arrêter là ? La Y/con est d'ors et déjà renouvelée pour l'année prochaine ! Si l'événement vous intéresse, vous pouvez déjà cocher dans vos calendriers les dates du 1er et 2 décembre 2018. #Manga