Depuis plus d'une dizaine d'années, se loger à Yaoundé est devenu un véritable parcours du combattant. C'est dans l'optique d'aider les populations à trouver plus rapidement un local d'habitation que le journal Bayam Sellam s'est presque totalement consacré à cette question. Des agents déployés par la publication parcours tous les quartiers d'une part pour entrer en possession des offres disponibles et crédibles, et d'autre part pour obtenir les contacts téléphoniques directs des bailleurs. Les données récoltées sont publiées chaque début de semaine dans un tabloïde de huit pages que chacun peut se procurer au prix de 400FCFA (quatre cents FCFA).

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Selon certains agents chargés de la collecte d'informations, l'espace offert au bailleur dans le journal coûterait normalement 5.000FCFA (cinq mille francs CFA), mais pour des raisons stratégiques, la somme n'est pas toujours exigée ; sûrement une raison de survie, étant entendu que l'intérêt suscité auprès du public vient de la multiplicité et de la diversité des logements proposés.

Les offres de logements sont regroupées par quartier d'habitation et comprennent chacune notamment une description sommaire (nombre de chambres, salons, cuisines, douches, etc.), le prix (montant mensuel à débourser par le locataire) et le nombre de mois d'avance de paiement exigé, éventuellement une caution au cas où le locataire aurait à causer des dommages au logement, le numéro de téléphone du bailleur ainsi qu'un numéro de référence de l'offre.

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Pour améliorer sa communication, le journal dispose d'un site web et des contacts téléphoniques (22 19 49 60 et 22 20 32 34).

Cheval de bataille

Avec le temps et le succès obtenu auprès des demandeurs, Bayam Sellam a trouvé la nécessité d'étendre son champ d'action. Les offres de location sont complétées par des propositions de vente d'appartements, de terrains… Par ailleurs, l'immobilier, bien que faisant autorité dans ses activités, n'est plus le seul cheval de bataille de l'hebdomadaire. On retrouve dans la danse les automobiles (neuves ou d'occasion), les offres d'emploi, les objets perdus et retrouvés, les rencontres amoureuses avec contacts téléphoniques des intéressés, les informations utiles sur les hôpitaux et les services de sécurité publique (commissariat, gendarmerie, Groupement mobile d'intervention), de l'humour…

Il n'est pas exclu que l'aventure de Bayam Sellam prenne une allure plus globalisante à court ou à moyen terme. En témoigne, l'origine de son nom qui en dit sûrement un peu plus long sur ses ambitions.

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Le terme BAYAM issu de BUY en anglais, signifie ACHETER en Pidgin English (langue dérivant d'une déformation de l'anglais britannique et très utilisée à l'ouest et dans les régions anglophones du Cameroun). De même, SELLAM issu de SELL signifie VENDRE. On obtient finalement une expression que l'on peut traduire par ACHETER ET VENDRE. Il en ressort donc que le journal souhaiterait se positionner comme un carrefour des acheteurs et des vendeurs, bref le point de rencontre de l'offre et de la demande. Avec une telle étiquette, rien n'empêche les responsables d'embrasser le maximum d'activités possibles, surtout quand on sait que les statistiques prouvent que le journal est très prisé dans la capitale camerounaise.

A. Kouam, enseignant de SVT (science de la vie et de la terre) au lycée et doctorant de géologie à l'université de Yaoundé 1 affirme avoir trouvé, grâce à la publication, un appartement à un très bon prix dans un cadre agréable situé à un jet de pierre d'une route principale bitumée. A sa suite, Alice une célibataire mère de plusieurs enfants, dit avoir eu des contacts amoureux sérieux grâce à l'annonce qu'elle a passée dans le journal. De multiples échos de satisfaction fusent de toutes parts.

Au-delà de cette surabondance de satisfecit, des voix critiques évoquent les prix de plus en plus élevés proposés par les bailleurs et autres vendeurs, une situation qui risquerait à terme de réduire l'enthousiasme affiché à l'égard du journal.