Sous l'effet de l'offre surabondante, la dégringolade des tarifs du pétrole n'éveille pas l'appétit pour l'or noir. Sa hausse sera ralentie l'année prochaine par une croissance économique balbutiante, prévoit l'Agence nationale à l'énergie (AIE). Cet épisode accentuera la pression sur les places financières.
« L'augmentation de la demande pourrait se consolider en 2015 en comparaison à 2014 mais cette propulsion semble dès lors plus modeste que l'anticipation précédente. Ceci dans un contexte de plus en plus réticent à une reprise économique globale », décrit dans un rapport mensuel l'AIE, publié vendredi.


La consommation de l'or noir devrait augmenter de 900 000 barils/jour, précise 'le bras énergétique des pays développés'(AIE). Pour 2014, elle a stagné à 92,4 millions barils/jour. Le pétrole a plongé de plus de 40 % depuis juin. Il a poursuivi son décrochage vendredi consécutivement à la publication de ce compte rendu pessimiste, alors que le brut américain tournait sous le niveau psychologique des 60 $ depuis jeudi, une situation inédite depuis juillet 2009.  #Finance #Inflation #Investissement

A la croissance économique timide s'adjoignent, l'arrêt des subventions publiques pour les produits pétroliers à destination de pays divers ainsi que la revalorisation du dollar, qui rend plus onéreux leurs achats en monnaie locale et également des orientations de productivité énergétique efficaces, étendues en période de pétrole coûteux.


De plus « l'impact improductif de la chute des tarifs du pétrole envers les économies des pays exportateurs devrait déséquilibrer, autrement dépasser, l'effet de stimulation qu'elle pourrait avoir sur la demande des pays importateurs de pétrole. Ceci dans un encadrement économique et inflationniste à faible croissance », évalue l'AIE.

Un baril à 50 $ ?

La Russie est principalement touchée car la diminution de ses revenus pétroliers, rehaussée par l'effondrement du rouble, enraye les finances nationales et par répercussion la consommation. De ce fait l'estimation de la demande de brut en considérant les sanctions des pays occidentaux a été diminuée par l'AIE de 195 000 barils/jour contre 3,4 millions barils/jour en 2015. L'OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole) avait également réduit ses estimations de la demande globale pour l'année 2014 et 2015.