La transition énergétique est en marche ! En tout cas en Allemagne... En 2014, les énergies renouvelables ont représenté 25,8% de la production d'électricité allemande. Selon l'Association allemande de l'Energie et des Industries de l'eau (BDEW), qui publie ces chiffres, la part des renouvelables a augmenté de 1,7 point par rapport à 2014. Surtout, les énergies « propres » passent devant la lignite (25,6% en 2014), sorte de charbon qui était jusque-là la principale pourvoyeuse d'électricité en Allemagne.

Certes, ces chiffres confirment une tendance réelle de l'économie allemande qui cherche à développer la filière des renouvelables.

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Appuyé au plus haut niveau de l'Etat, ce bouleversement est en cours. Mais les données doivent quand même être nuancées. D'abord, le poids cumulé de la lignite et de la houille dépasse largement celui des énergies propres. En 2014, 43,6% de l'électricité produite outre-Rhin est issue des centrales à charbon.

En fait, l'Allemagne est au milieu du gué. La chancelière Merkel a annoncé en 2011 la fermeture des centrales nucléaires d'ici 2022, une échéance qui explique le développement à marche forcée des énergies renouvelables. Mais en attendant que ces dernières soient capables d'assurer la plus grande partie de la production d'électricité, l'Allemagne dépend largement de son charbon. La transition verte doit donc se faire en privilégiant des énergies... polluantes !

Les entreprises de l'énergie doivent consolider leurs activités d'ici 2022

Autre élément qui met les chiffres de la production électrique en perspective : celle-ci a baissé entre 2013 et 2014.

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Comme en France, le climat clément en Allemagne n'a pas nécessité de grandes dépenses d'électricité. Résultat, 610,4 milliards de kilowatts/heure ont été produits en 2014, contre 633,2 milliards en 2013. Enfin, la part du nucléaire reste importante et a même légèrement augmenté en un an à 15,9% contre 15,4% en 2013. Comme si l'urgence d'avoir un mix énergétique équilibré et « renouvelable » en 2022 commençait à faire bouger les choses sans être totalement déterminante.

D'ailleurs, le fournisseur d'électricité E.ON (l'EDF allemand) vient de prendre une mesure stratégique pour se préparer à la nouvelle donne du marché énergétique allemand. Le 30 novembre, l'entreprise a annoncé sa scission. « E.ON se concentre sur les énergies renouvelables, les réseaux de distribution d'énergie et les solutions énergétiques, et entend créer une nouvelle entité cotée en bourse spécialisée dans la production d'électricité, le négoce d'énergie, ainsi que l'exploration et l'extraction des hydrocarbures », peut-on lire dans le communiqué de presse.

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Quelques mois plus tôt, c'est le Français GDF-Suez qui prenait acte du bouleversement en cours en Europe. Lors de la présentation de ses résultats annuels en février dernier, l'énergéticien a provisionné 9,1 milliards d'euros de dépréciations d'actifs « essentiellement sur des centrales électriques thermiques et des capacités de stockage de gaz en Europe ». Preuve que la transition partie d'Allemagne devrait rapidement concerner tous ses voisins. #Energie électrique #Energie nucléaire