La diminution des prêts dans le secteur privé se prolonge dans l’union européenne. Des acteurs novateurs tels que les « fonds de prêt pour l’économie » surfent sur la vague de la désintermédiation du subventionnement des sociétés. En octobre les prêts accordés par les banques aux entreprises non financières ont décliné de 1,80 % après avoir pris du recul en septembre de 2,00 %, d’après les informations publiées le 27 novembre par la Banque Centrale Européenne.
Faut-il en conclure pour autant que les établissements bancaires restreignent le crédit à son strict minimum ? Dans quelques pays de l’Europe du Sud probablement, mais ce n’est pas le cas dans l’hexagone.


« Les projets d’activité des sociétés n’étant pas vraiment positifs, les gérants des PME/TPE se voient dans une logique d’auto-dépendance en matière de demande de fonds, d’autant que leurs réserves de financement sont aujourd’hui relativement faibles », admet Thibault Lanxade, président du centre entrepreneuriat et croissance pour les TPE/PME au Medef, lors d’une représentation organisée le 26 novembre via l’Observatoire des fonds de prêt pour l’économie - OFCE.


Les banques reflètent toujours 80 % du financement des PME/TPE



« Quand nous auront 1,5 pt de croissance, la problématique du subventionnement des sociétés se posera », avoue Thibault Lanxade. Elle interrogera sur le fait que les contraintes conventionnées qui ont pris une importance sur les établissements bancaires depuis la dépression financière de 2008 ont diminué leur capacité à accorder des crédits.
La nouvelle mesure identifiée comme Bâle III soumet en effet les banques à disposer de plus de fonds propres qu’auparavant face à leurs participations jugées les plus risquées par les régulateurs.


En conséquence les banques ne posséderont plus les mêmes coudées franches pour assister les sociétés pour le financement de leur croissance externe ou interne, aussitôt ces investissements revus à la hausse. Un problème réel pour les sociétés de la zone euro en général et hexagonales particulièrement, leur financement dépendant pour l’essentiel du crédit des établissements bancaires, contrairement aux USA où les entreprises se financent prioritairement sur les marchés.
Éclairées sur cette nouvelle donne qui entraîne à une désintermédiation de leur subventionnement, les sociétés françaises ont débuté le diversification de leurs ressources de crédit, ces dernières décennies , particulièrement en ayant recours au marché des obligations.


« A l’heure actuelle les banques ne valent plus que 60,00 %  dans le financement des sociétés hexagonales, contre environ 80,00 % il y a 5 ans », précise Pierre de Lauzun, délégué générale de l’Amafi pour l 'Association française des marchés financiers, le 27 novembre pendant des échanges avec l’AMF. Cependant, si des groupes importants arrivent à se financer sans peine sur le marché obligataire, il en est autrement pour les PME/TPE ignorées des investisseurs. « Le financement des PME/TPE reste intermédié, du système bancaire à 80,00 % », affirme Thibault Lanxade. « Il sera nécessaire de faciliter l’accès de PME sur les marchés », assure Pierre de Lauzun.
#Finance #Investissement