La production chinoise, une opportunité pour les designers de l’hexagone, de plus en plus nombreux à y débuter leur carrière. Lorsqu’elle a choisie d’aller poursuivre ses études de designer en Chine, Lila Baumont n’en connaissait pas la réalité. Elle ne possédait qu’une image du pays à l’esprit, un souvenir des cours d’histoire et géographie : un assemblage de buildings le long du fleuve Huang Pu, au milieu de Shanghai. 3 ans après, la fenêtre de son lieu de travail y domine la mégapole.

L’office Créative Capital, fondé par des Français, l’a intégré dans le cheminement de son dernier stage. Dès lors la designer y consacre son temps : « il y a moins de temps mort ici, la demande est démesurée ».

La réussite du made in China ne fabrique pas que des métiers dans la production : elle est aussi une manne pour les concepteurs. Si l’on y additionne l’effervescence de constructions qui animent les villes chinoises, cet ensemble inspire bien l’avenir des designers et au-delà celui des produits et des espaces. Dans ce marché en pleine globalisation, les français ont un rôle à jouer. « La France ainsi que l’Italie sont relativement considérés comme des centres du Design créatif mais aussi conceptuel », souligne Anne-Marie Boutin Responsable de l’APCI (Agence à la promotion de la création industrielle).

« La France doit sa notoriété à celle de son Art de vivre mais également au fait qu’une majorité de designers de l’hexagone emménagent en Chine », confit-elle.

Le phénomène est difficilement quantifiable, cependant les formations expertisées ont déjà détecté des opportunités. L’Ensci (Ecole nationale supérieure de création industrielle) dénombre 1 vingtaine d’anciens via la Chine ou à Hong Kong mais également à Strate Collège, 1 dizaine dès 2010. Qui sont les employeurs intéressés ? Quelques sociétés chinoises, des offices françaises ou multinationaux, des groupes importants tel que l’Oréal, PSA, Quecha ou Faurecia, qui conforment leurs produits à l’économie chinoise. 

En 2008 l’EDNA (Ecole de design Nantes Atlantique) a également innové un campus à Qingdao, déplacé en 2010 à Shanghai.

Les usines en quelques heures

Designer dans l’industrie, Nicolas Melan a emménagé en Chine depuis 2006. « Dans l’hexagone en dehors de l’automobile ou l’aéronautique, on a délaissé notre savoir-faire industriel. La mini industrie, c’est moins sexy », décrit-il. Ennuyeux pour celui qui a adopté le Design pour rester dans le sens du concret. Sa première intégration dans une société hongkongaise initiée par un français, lui ouvre les voies : « on esquissait des produits pour des groupes importants tel que Thompson et on suivait aussitôt le développement. Le principal ici est de se concentrer sur la production ». #Finance