Le rapport Pisani-Ferry / Enderlein bute sur la supranationlité

Les financiers connaissent bien la maxime: il faut acheter la rumeur et vendre la nouvelle. Avec le fameux rapport «Réformes, investissement et croissance un agenda pour la France, l'Allemagne et l'Europe» remis jeudi dernier aux ministres de l'économie allemand et français, on est dans le registre. On allait voir ce qu'on allait voir ce qu'on allait voir de la part de Henrik Enderlein et Jean Pisani-Ferri, des économistes dans la ligne des gouvernements respectifs des deux cotés du Rhin. Une double signature sur le plan national comme sur le plan partisan, qui annonçait des ambitions élevées contenues dans le titre du rapport, et les tabous divers devaient être écartés dans les propositions.

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Le soufflé est retombé avec la publication: pas de brutales remises en question de situations acquises pour les uns ou les autres. On se trouve plutôt face à un catalogue de propositions dont en ne maîtrise pas vraiment la portée. Pour vaincre l'atonie, il faudrait suivant la formule de Danton à l'Assemblée législative «de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace.» Le compte n'y est pas. Faut-il pour autant classer ce rapport parmi d'autres dans les archives de l'administration de Bercy? Oui et non.

Un diagnostic sérieusement établi

Le constat n'est pas une nouveauté, mais on ne peut nier que le diagnostic soit sérieusement établi. Le piège de la stagnation dans laquelle «l'Europe est en train de s'enfermer est assez bien résumé: inflation dangereusement faible, dettes publiques insoutenables face à l'atonie du revenu nominal, inflation anticipée qui baisse.

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Les taux réels trop élevés sont un carcan qui entretien le sentiment d'une nouvelle «décennie perdue», pour finir, l'Europe «convainc de moins en moins».

Sur ce dernier point, les deux économistes sont sans doute en deçà du ressenti des populations de l'Union: son mode de fonctionnement pour le moins, sans doute même ses fondements institutionnels, ne sont plus vraiment acceptés par les peuples. La réforme s'imposera pour éviter l'implosion. Les rapporteurs reconnaissent déjà «une fragmentation de l'Europe».

On n'en est bien loin aujourd'hui. Pourtant, MM. Pisani-Ferry et Enderlein inscrivent leur diagnostic dans le cadre même de cette Europe technocratique. On peut leur reconnaître une vision assez globale du mal qui frappe l'économie européenne en sortant des débats de chapelle entre les théoriciens de l'économie de l'offre et de la demande. La faible croissance de la productivité? Une preuve de la carence de l'offre. Les taux de #Chômage élevés et la baisse de l'inflation? La manifestation de l'insuffisance de la demande. Les écarts de taux d'intérêt au sein de la zone euro? Le signe de la fragmentation de l'Europe.





#Union Européenne #Finance