Si 90 % à 95 % des voyageurs paient leur voyage, la fraude s'élèverait tout de même à 500 millions d'euros par an. Voilà le bilan que dresse Guillaume Pepy, le patron de la SNCF. "Les Français sont très attachés au service public mais ne le respectent pas", constate-t-il. Une réunion est donc prévue jeudi prochain avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et le ministre des Transports Alain Vidalies afin de confirmer les propositions de lutte anti-fraude que souhaite mettre en place la compagnie ferroviaire. Si ces mesures sont adoptées, elles seront valables dès le 2 mars 2015.

Premier point du plan, l'augmentation du montant des amendes de 40% à 100% en fonction du type de fraude :

- Pour un billet non composté, l'amende forfaitaire doublerait, passant ainsi de 10 à 20 euros.

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- Pour une absence de billet, l'amende passerait de 35 à 50 euros si elle est réglée immédiatement, de 50 à 100 euros si elle est réglée ultérieurement.

- Un voyageur sans titre de transport qui se présenterait au contrôleur spontanément pour acheter un billet à bord du train se verrait appliquer une majoration de 7 euros sur le prix dudit billet pour un trajet inférieur à 150 km ou une majoration de 15 euros pour un trajet supérieur à 150 km.

À noter aussi que les fraudeurs réguliers devront descendre du train dès leur cinquième infraction (au lieu de la dixième auparavant).

Deuxième point, le renforcement des contrôles avant l'embarquement. Une solution déjà appliquée pour l'Eurostar par exemple. Il s'agirait de réserver l'accès aux quais aux personnes munies d'un titre de transport, mais aussi de réclamer la présentation d'une pièce d'identité avant l'accès au train.

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Enfin, sachant que seulement 11,6 % des procès-verbaux envoyés à domicile sont payés, améliorer le taux de recouvrement serait également une piste. Du côté des contrôleurs, une meilleure protection est à l'étude pour faire face à un métier qui tend à être de plus en plus difficile.

Aux yeux de la SNCF, la fraude reste un « mal français ». C'est aussi un « problème politique », il appartient donc maintenant au #Gouvernement de se prononcer. Première réponse attendue jeudi prochain.