La BCE a connu une nouvelle déconvenue ce jeudi 4 décembre au cours de son second méga prêt à l'intention des banques. De nombreux experts espèrent maintenant qu'elle passe à l'étape suivante et ranime une économie atone en effectuant un rachat de dette publique dans l'objectif de consolider la zone euro.
L'institution de Francfort a proposé des prêts à hauteur de 129,8 milliards d'euros destinés à 306 établissements bancaires en Europe, le tout à un taux fixe très bon marché sur 4 ans. C'était le second mouvement d'une série de 8 opérations dénommées TLTRO pour « Targeted long terme refinancing opérations », qui seront toutes effectives d'ici 2016.
Au moyen de ces prêts monumentaux, la BCE espère réouvrir les vannes du crédit pour les sociétés et par répercussion relancer l'économie inerte de l'UE ainsi que l'inflation.


« La cession du second TLTRO est apparue conforme aux exigences de la BCE de même qu'aux attentes des marchés », a évalué Benoit Coeuré membre du directoire de la BCE sur Twitter. Cependant son diagnostic ne fait pas l'unanimité. Une majorité d'analystes comptait pour l'opération de jeudi sur un emprunt de 150 milliards d'€.
Le résultat « est sans doute largement inférieur à ce qu'attendait l'institution de Francfort », exposait un économiste d'ING Martin Van Uliet. Selon Elia Lattuga (Unicrédit) la somme est « en dessous de l'estimation ».
La BCE avait déjà connu une déconvenue au cours de son premier TLTRO au mois de septembre : seulement 82,6 milliards d'€ avaient été empruntés par 255 établissements bancaires, clairement en dessous des évaluations.

La sarbacane

Le volume concédé aux banques durant les 2 premiers tours semble faible à la vue des ambitions de l'institution monétaire. Mario Draghi, son président, tablait sur des emprunts de 400 milliards d'euros au cours de cette année. Les établissements bancaires n'ont emprunté "que" 212,4 milliards d'€, légèrement au dessus de la moitié.
Avec un méga prêt renouvelé et décevant, la Banque Centrale Européenne emploie « la sarbacane plutôt que le bazooka » pour enrayer les difficultés de la zone euro, conclut un analyste de la banque ABN Amro Nick Koumis.


La conclusion de jeudi « est une manifestation inquiétante qui démontre que les banques n'envisagent pas l'augmentation de leurs crédits, soit par peur du risque ou pour une insuffisance des demandes de la part des PME », estime une économiste de Capital Economics Jennifer Mc Keown. La BCE a néanmoins tout entrepris pour satisfaire le besoin des institutions bancaires et créer une stimulation de l'économie réelle. Le taux de 0,15 % est fixé pour les TLTRO. D'autre part, contrairement aux éditions précédentes, 2011 et 2012, l'allocation des fonds est « ajustée » : les établissements emprunteurs s'imposent l'augmentation de leurs prêts dans le secteur privé en échange de l'aide européenne.
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