Au Japon, les questions philosophiques de politique non conventionnelle comme celle que la Cour européenne de justice a tranché cette semaine (opérations sur titres de la BCE) sont largement dépassées. Le «QQE» (assouplissement dit qualitatif et quantitatif) a amené le total du bilan de la BoJ au dessus de 50 % du produit intérieur but. Le premier ministre Shinzo Abe s'est donné du temps pour continuer et même accélérer. Les élections législatives anticipées qu'il a provoquées en décembre, il les a voulues comme un plébiscite portant sur sa personne et sur son programme économique.

Le Premier ministre a les pleins pouvoirs

Après deux ans, les trois flèches de sa stratégie économique (monétaire - budgétaire - réformes de structures) n'ont pas changé la donne d'inflation très faible et de croissance coiffée.

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Les pleins pouvoirs que la victoire électorale sans appel lui confèrent lui donnent du temps aussi bien que la possibilité d'utiliser des armes nouvelles.

Les injections monétaires prennent encore de l'ampleur. Elles porteront en un an à 75 % du PIB les actifs détenus par la #Banque Centrale et les rachats de titres d'Etat de la BoJ permettent dans le même temps d'orienter l'épargne vers le secteur privé. Le fonds de pension public japonais va ramener la part des obligations d'Etat de 60 % de son portefeuille à 35 %.

On a du mal à ne pas parler de fuite en avant puisque c'est bien l'institut d'émission qui va financer le nouveau creusement de la dette publique. Elle pèse 2,5 fois le produit intérieur brut de l'Archipel.

Une dimension nouvelle pour les Abeno. Tout semble dit et on se demande ce qu'on peut attendre de M.

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Abe et de son gouvernement au moment de la nouvelle année fiscale, le 1er avril prochain. Pourtant, les Abenomics (l'acronyme pour résumer la politique du Premier ministre) vont certes accélérer dans la direction prise depuis deux ans sur le plan monétaire, mais prendre une dimension différente sur le plan fiscal et sur celui des réformes de structures. Plus de moyens - y compris en différant encore la hausse de TVA prévue - mis au service d'une ambition de relance durable de l'activité économique passant par un soutien décentralisé aux acteurs économiques plus qu'aux budgets publics d'investissement déjà bien gonflés.

M. Abe peut-il étonner? C'est la condition pour réussir le pari et il a trois mois pour le faire. L'obligation de ne pas décevoir vaudra au moins pour les annonces.





#Crise économique #Finance