Le calendrier prévoit pour la fin janvier une réunion du conseil de la #Banque Centrale Européenne. Son président, Mario Draghi, a centré ses analyses sur le risque d'inflation négative. De fait, on n'imagine pas que le premier trimestre se conclue par autre chose qu'une érosion des prix en zone euro, à leur stagnation dans le meilleur des cas.

Les oppositions allemandes balayées

Le patron de l'institut d'émission a aussi balayé par avance les oppositions à une accélération de la gestion «non conventionnelle» de la monnaie, affirmant même qu'accepter une inflation durablement inférieure à l'objectif de 2 % serait, pour la BCE «illégal».

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En d'autres termes, il annonce qu'une nouvelle phase va être franchie au premier trimestre, avec la mise en place d'un programme de rachat d'emprunts des États de la zone monétaire. C'est à dire un assouplissement quantitatif ou Quantitative Easing comparable à celui mené aux États-Unis, au Japon ou en Grande Bretagne.

Dans les paroles au moins - mais ce sont les armes les plus fortes des banquiers centraux - M. Draghi réfute par avance les oppositions qui vont se manifester, en particulier en Allemagne, ou les accusations de laxisme viendront autant de la Bundesbank que de l'opinion publique elle-même. «ne pas respecter notre mandat (qui comprend selon lui l'inflation cible à 2 % dans le cadre de la stabilité des prix) serait illégal»: on ne peut pas mieux se donner toute liberté d'agir.

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La BCE est entrée dans une phase de très forte progression de la taille de son bilan (près de 50 % en trois ans) et la panne du crédit privé la conduit immanquablement dans ce cadre à financer les Etats, dont la demande de crédit est par nature toujours présente. Evidement, ces injections monétaires ne vont pas seulement soutenir l'activité (et les marchés financiers). Elles donneront plus de marge encore aux pays de la zone euro qui n'ont pas mené une politique économique et budgétaire à l'allemande. Financer ainsi la France et l'Italie, au-delà de toutes leurs déclarions d'intention, cela revient à les inciter à maintenir leur modèle et à ne pas engager réellement des réformes de structures importées d'outre-Rhin.

Calendrier imposé

Cependant, nécessité va faire loi et la direction sera sans doute annoncée dès ce 22 janvier. La réunion suivante de politique monétaire du 5 mars se tiendra à Chypre, pays dont les obligations d'Etat seront a priori exclue du mécanisme d'assouplissement quantitatif. Ce n'est pas le lieu idéal pour annoncer une telle révolution. Et attendre la suivante (le 15 avril) serait prendre le risque de permettre le développement d'une désinflation tournant à la déflation.





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