Maintenant que la plongée du prix du pétrole aborde son seuil fatidique et record, d'une baisse de prix de 50% par rapport aux pris pratiqués il y a un an, l’#Algérie est parmi les pays du Monde à « ressentir la braise sous le pied »(*). L'offre mondiale est trop abondante et dépasse les niveaux d'avant-crise de 2007. L’OPEP ne peut plus les juguler, à la fin 2014, les indicateurs affichent 53.50 $ pour toutes les variétés...

Une conjoncture similaire antérieure a démonté l’ancien régime du parti unique dans une Algérie très dépendante des exportations pétrolières. Elle s'est soldée par plus de 500 morts et des milliers d’arrêtés dont des torturés en masse. Ce qui oblige les dirigeants actuels à s’alarmer. Bouteflika est sorti pour la seconde fois, de sa convalescence léthargique, le 30 décembre, déclarant « que le pays surmontera la grave perturbation du marché mondial du pétrole ».

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Cette fois il a évoqué aussi la révision imminente de la constitution assurant qu’elle « apporterait plus de démocratie à la nation ».

La dévalorisation de la principale ressource du pays inquiète le président. Maladivement bureaucratique, le système politique algérien redoute le scénario de 1988. Historiquement, c'est l’acte précurseur de la revendication démocratique dans le monde arabe. Maintenant l’amendement de la constitution du pays est l'argument pour contenir la colère.

Une précédente réunion, convoquée aussi par le chef de l’Etat le 23 décembre, pour une cellule de crise, a incité à rationaliser les dépenses publiques et de revoir les créneaux des importations, pouvant être réduits afin de réaliser des économies. L’emploi public est déclaré impossible en 2015, selon une récente déclaration du gouvernement.

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La corrélation entre les revenus du pays et sa situation politico-institutionnelle se rejoignent dans un contexte de mutation enclenché par le « printemps arabe », pour une explosion sociale. Le pouvoir algérien échoue à se légitimer, mal placé pour encore durer…

L'Algérie trop dépendante du pétrole 

A plus de 95% de ses dépenses, le pays dépend du secteur de l’énergie. Une précarité économique quasi permanente. Et ce depuis les années 70, au regard des fluctuations. La carence de règles systémiques d’imposition ne faisant guère place à l’harmonie du trésor public et la défection de l’industrialisation, pourtant entamée avec un secteur public d’usines clé en main lors du premier « boom pétrolier », ont moulu une économie uni-sectorielle. Malgré le fait que certains produits sont produits localement, comme des produits électroniques. 

La gouvernance actuelle a montré son incapacité à fructifier son unique, mais non moins abondante, richesse. La part du lion des dépenses de l’Etat à partir des revenus pétroliers a ensemencé un usage doublement néfaste. Celui de la prépondérance de la bureaucratie incontrôlable jusqu’à la corruption et de ne pas avoir réussi la diversification des exportations.


Lors d’un récent voyage d’Abdelmalek Sellal au Qatar, il s’est vanté que l’Algérie pense à l’après-pétrole. Ce qui a été maintes fois répété et que les éphémérides retiennent en slogan des divers régimes, comme celui des années 80 qui en a fait même son hymne.

A l’époque, le prix du baril vacillait entre 10 et 20 $.

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En 2014, le cours des 50$, la population s’est accrue. Les infrastructures réalisées dernièrement, comme les autoroutes et l’amélioration de l’habitat pour nombreux Algériens, ont lancé de nouvelles exigences de consommation. Alors qu’en 2011, en plein « printemps fourvoyé » le gouvernement a reculé sur de légère hausse des prix de première nécessité… Dès l’assèchement des réserves accumulées lors des années fastes, un délire collectif menace les décideurs arrivés au pied du mur.

(*) Adage très usité, signifiant : « … ne comprend un malheur que celui qui le vit ». #Crise économique