Pourquoi le Tribunal Criminel Spécial ne poursuit pas les débiteurs d'Amity Bank Cameroon ? La question divise l'opinion camerounaise depuis mardi dernier, date de passage de l'ex-ministre camerounais des finances Essimi Menye et actuel ministre de l'agriculture et du développement rural.

Comme il est de tradition depuis quelques années au Cameroun dans le cadre de la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics, les hauts fonctionnaires en poste ou ayant géré certaines responsabilités, passent au Tribunal Criminel Spécial pour apporter des éclairages sur certains dossiers.

L'ancien fonctionnaire du Fonds Monétaire International (FMI) qui fait l'objet d'un acharnement médiatique depuis son arrivé au gouvernement en septembre 2007, avait signé au nom de l'Etat du Cameroun, en mai 2009, une convention de titrisation avec la banque Atlantique Cameroun.

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Il était question de définir les conditions de la titrisation d'un montant de 9 025 000 000 francs Cfa, soit 33,33 °/° du montant nominal du portefeuille des créances en souffrance d'Amity Bank repris par Banque Atlantique Cameroun, lequel constitue un ensemble homogène aux termes du protocole d'accord du 10 janvier 2008.

Vingt cinq emprunteurs issus du monde des affaires et de la politique avaient réussis à prendre des engagements par caisse. Des engagements que ces derniers n'ont pas honorés. Les parties signataires avaient décidé de définir les modalités du concours de l'Etat du Cameroun dans le cadre de la titrisation d'une fraction du montant nominal du portefeuille des créances en souffrance d'Amity Bank Cameroon cédé à Banque Atlantique Cameroun.

De sources proches du dossier, l'ex-patron des finances avait à l'époque commencé les opérations de titrisation que son successeur était venu bloquer.

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L'opinion camerounaise, très attachée à ce dossier y voit une main invisible tendant à discréditer l'ex-fonctionnaire du FMI, présenté pour certains comme le dauphin de l'actuel chef de l'Etat Paul Biya.

Les observateurs pensent que la justice camerounaise s'emmêle les pédales dans cette affaire et appellent la justice à interpeller les débiteurs et non l'ex-ministre des finances.

En attendant la réaction du président camerounais Paul Biya, d'aucuns se demandent pourquoi l'actuel ministre des finances n'a pas continué l'opération de titrisation ? Qu'est ce que le Tribunal Criminel Spécial cherche sur l'ex-fonctionnaire du FMI ?

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