C'est sans doute le chiffre du jour, et peut-être même de l'année 2014 ! Selon une étude du cabinet AgileBuyer, réalisée en partenariat avec HEC, 25% des directeurs des achats des entreprises françaises ont déjà fait l'objet d'une tentative de corruption. En cause, des fournisseurs qui sont prêts à tout pour placer leurs produits, même à tomber dans l'illégalité... En clair, des sommes d'argent ou des avantages en nature - par exemple des stages pour les enfants - sont proposés aux patrons des achats pour qu'ils sélectionnent un produit plutôt qu'un autre. Et tant pis pour la performance ou la qualité réelle du produit !

L'étude précise bien qu'il s'agit de « tentative » mais les faits sont bien là.

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Dans un contexte de baisse des coûts de fonctionnement pour faire face à la crise, certains fournisseurs peuvent se trouver pris à la gorge et face à des annulations de commande. Les secteurs les plus touchés par cette corruption passive font partie de ceux qui ont subi la crise de plein fouet : 50% des directeurs d'achats du secteur immobilier, et 50% de l'industrie du bois et du papier ont été approchés. Reste que la crise n'explique pas tout : le BTP, pourtant durement éprouvé, est une des activités où la corruption est la moins présente. « Seulement » 15% des responsables ont fait l'objet d'une offre de pot-de-vin.

Corruption : la France, mauvaise élève

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les tentatives de corruption ne viennent pas majoritairement de pays en développement qui chercheraient à tout prix à investir un nouveau marché.

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Les démarches crapuleuses se font entre gens « de bonne famille » puisque 55% des tentatives répertoriées sont le fait d'entreprises françaises (36%) et européennes (19%). Les sociétés asiatiques, qui sont souvent accusées de « fourguer de la camelote » de mauvaise qualité, arrivent en troisième position avec 16% des tentatives de corruption.

En détaillant le phénomène de corruption dans le domaine économique, l'étude confirme que la France est une terre promise pour les opérateurs les moins scrupuleux et les plus déterminés à défendre leurs intérêts. Un constat déjà fait par l'ONG Transparency International dont le dernier rapport sur la « perception de la corruption » offre une triste 26ème place (sur 174 pays étudiés) à la France. L'Hexagone se trouve à égalité avec l'Estonie et le Qatar. Mais le plus gênant est surtout la tendance sur laquelle est engagée la France depuis une dizaine d'année : le pays était à la 18ème place du classement 2006. Avec 69 points sur 100, selon le barème de Transparency, la France est juste au-dessus de la moyenne pour l'Union Européenne fixée à 66 sur 100. #Crise économique