C'est parti pour le « QE » ! Depuis lundi, la Banque centrale européenne (BCE) a lancé son plan de rachat de dette massif. Cette opération « d'assouplissement quantitatif » ou « QE » (quantitative easing) a pour but de freiner la tendance déflationniste qui se dessine sur le vieux continent depuis plusieurs mois.

Le « QE » c'est quoi ?

D'ordinaire, l'institut de Francfort se contente de jouer sur son taux directeur (le taux auquel elle accorde des prêts aux banques) pour gérer la masse monétaire en circulation dans la zone. Mais devant le risque déflationniste, Mario Draghi, le Directeur de la BCE, a décidé d'utiliser un instrument non-conventionnel, le « QE ».

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L'idée est de racheter de la dette sur les marchés secondaires et d'injecter de l'argent frais sur les marchés à l'image de ce que font déjà les Américains, les Anglais ou les Japonais.

En augmentant le volume d'euros en circulation, la BCE va réduire les taux d'intérêts dans les pays de la zone, diminuer le taux de change de l'euro et essayer de contrer la tendance déflationniste. C'est aussi un signal fort envoyer aux prêteurs internationaux : la BCE s'investit dans le contrôle de la dette émise par ses états-membres. Une nouvelle qui devrait ravir les marchés financiers et inciter les investisseurs à miser sur des actif plus risqués en raison de la baisse des rendements obligataires.

Pour y parvenir, c'est donc 60 milliards d'euros de dette publique et privée qui seront rachetés par mois jusqu'en septembre 2016, soit un total de 1140 milliards au total.

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C'est principalement les banques centrales nationales qui réaliseront ces rachats.

BCE : les débuts réussis du QE

Lancés lundi, les rachats massifs semblent déjà faire effet. Avec 9,8 milliards d'euros d'actifs rachetés depuis le début de l'opération, la BCE a frappé fort. Les taux des obligations d'États ont déjà chuté. Vendredi 13 mars au matin, les OAT à 10 ans françaises étaient ainsi sous la barre des 0,5 % et le bund allemand atteignait 0,24 %. Côté bourse les marchés semblent satisfaits et le CAC 40 dépassait les 5000 points à la clôture vendredi.

Au niveau du change, l'effet a aussi été immédiat avec un taux euros dollars à 1,0475 $ vendredi, soit un plus bas depuis plus de dix ans. Une bonne nouvelle pour les exportations européennes qui pourront désormais profiter d'un « euro faible ».

Des premiers pas réussis qui devraient inciter la BCE à continuer sur sa lancée pour revigorer l'économie européenne et endiguer le risque de déflation qui plane sur l'Europe. #Union Européenne #Finance