Plusieurs pays d'Europe se sont joints à l'AIIB (Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures), en référence à des médias chinois ce mercredi 18 mars, qui se moquaient néanmoins de la position de Washington s'opposant à Pékin dans la réalisation de ce projet.  

L'agence #Chine nouvelle faisait l'étalage de cet événement en saluant l'arrivée de l'Allemagne, la France et l'Italie, s'exprimant de manière emprunte en titrant sarcastiquement la position négative des Etats-Unis à ce projet.

L'ambition de plusieurs pays européens, dans le sillon du Royaume-Uni, est "d'avoir le statut de fondateurs officiels" pour l'AIIB. Paris, Rome ou encore Berlin ont accordé mardi 17 mars leur approbation pour le financement de travaux d'infrastructures. Un programme qui concerne la région essentiellement asiatique.  

Une banque initiale de développement, un projet mis en exergue par Pékin en octobre, capitaliserait 50 milliards de dollars et demeurait âprement réprouvé par Washington qui voit en cette nouvelle entité une concurrente de la Banque mondiale, mais également de la BAD (Banque asiatique de développement), contrôlée principalement par les Etats-Unis et le Japon.

Cette venue soudaine attiserait les rivalités pour la centralisation du pouvoir, dans le milieu complexe des institutions de financement international. Le tout dans une atmosphère d'influence croissante du système financier chinois en Asie.  

Chine Nouvelle, l'agence de presse chinoise, n'a pas manqué pas de saluer d'une part "la prise de position rationnelle et déterminée" des trois pays européens et d'autre part de décrier le retrait de Washington au lancement de cet accord.  

L'agence citait entre autre l'isolement et l'hypocrisie des Etats-Unis, affirmant qu'ils se sentiront progressivement seuls s'ils insistent à camper sur leurs positions tout en restant à l'écart.

Une coopération AIIB-Banque mondiale?

Le gouvernement américain proposerait qu'une nouvelle banque de développement chinoise collabore avec des institutions occidentales, telles que la Banque Mondiale, écrivait ce lundi 23 mars le Wall Street Journal. Et ce, bien que les Etats-Unis émettent de grandes réserves quant à ce projet. En effet, ils conseillent tout de même aux pays qui souhaitent intégrer l'AIIB de bien y réfléchir avant de prendre une décision.

Nathan Sheets, sous-secrétaire au Trésor chargé des affaires internationales affirmait que "les Etats-Unis accueilleront ces nouvelles institutions multilatérales qui viendront renforcer l'architecture financière internationale", tout en mettant l'accent sur l'importance que l'AIIB soit complémentaire aux institutions déjà en place, plus que concurrente. #Finance