Beaucoup rêvent de travailler à leur compte. Beaucoup ont des idées. Très peu osent se lancer. La peur de la crise ou le manque de capital peuvent aisément l'expliquer. Toutefois, certains bravent ces obstacles et optent pour ce qu'on pourrait appeler « un juste milieu » : la franchise. C'est le cas de Jean-Christophe, 31 ans, et Adeline, 27 ans, qui ont ouvert un « French Coffee Shop », à Saumur dans le Maine-et-Loire, en mai 2014. Une expérience pour le moment prometteuse et enrichissante mais terriblement intense !

Un démarrage soutenu par les hautes sphères

Comme pour toute création d'entreprise classique, les premiers soubresauts se résument à beaucoup d'administratif après que le projet ait été validé par les banques. « Nous avons essuyé cinq refus de la part des banques » avoue Jean-Christophe.

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Mais cela reste une moyenne. J'avais déjà connu cette situation avec une franchise précédente dans le secteur de la pizza. Il ne faut pas se décourager. Il faut aussi savoir que le financement personnel représente un tiers du projet global ». C'est à ce moment qu'intervient l'appui de la maison mère. « Au tout début, nous avions participé à une réunion avec la direction de French Coffee Shop pour rechercher l'emplacement du commerce ainsi que pour élaborer le 'business plan'. Nous avons aussi été formés à la préparation des différentes boissons servies à la boutique. Ils nous ont également aidé pour pas mal de démarches administratives ce qui enlève un sacré poids ». Cerise sur le gâteau, la rapidité des pouvoirs publics saumurois. « Ils n'ont mis que deux ou trois mois pour régler les papiers concernant l'installation de notre commerce. D'habitude, il faut plutôt tabler sur six mois », dixit Jean-Christophe.

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Une fois les travaux d'installation achevés, le « French Coffee Shop » de Saumur ouvre ses portes le 19 mai dernier. C'est là qu'un autre avantage de la franchise saute aux yeux des deux gérants. Une certaine indépendance vis-à-vis du siège, notamment dans la liberté de prise d'initiatives. Le tout quand même dans un certain cadre comme l'avance Jean-Christophe. « Nous sommes un bar zéro alcool et nous devons nous y tenir. C'est d'ailleurs ce qui nous a poussés à choisir cette franchise. Forcément, s'il n'y a pas d'alcool, il y a moins de police à faire. De plus, malgré la crise, il y a toujours des opportunités. Et le concept du Coffee Shop est en train d'exploser en France. Et dans ces cas-là, on le sait, il faut arriver plus ou moins dans les premiers ». Un filon débusqué en 2002, par une famille d'Arcachon qui avait ouvert le premier « French Coffee Shop » dans sa ville, en s'inspirant des américains type Starbucks, avant de se développer par le biais de la franchise. D'abord dans le grand Sud-ouest, la marque commence à fleurir un peu partout en France et compte plus d'une trentaine de points de vente.

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« C'est une affaire familiale qui prône le 100% français » renchérit Jean-Christophe. Nous ne les avons pas tous les jours au téléphone mais au besoin, ils sont toujours disponibles. Nous entretenons donc de très bons rapports avec le siège ». Ce qui ne gâche rien évidemment…

La détermination comme clé de la réussite

Depuis dix mois, le quotidien d'Adeline et Jean-Christophe est régi par leur entreprise. Pas toujours évident de déconnecter. J-C annonce clairement la couleur : « C'est très prenant. En termes d'heures, je dirais que j'en consacre 70 par semaine, à la boutique ». Un chiffre qui en ferait pâlir plus d'un. Et pourtant… « Il faut se montrer déterminé. Tenir ce rythme six mois, tout le monde en est capable. Le faire sur le long terme, c'est autre chose. On se réunit aussi de temps en temps avec les autres franchisés pour échanger des idées. C'est toujours intéressant ». Heureusement, bon nombre de paramètres positifs redonnent vite du souffle à nos deux commerçants. « C'est très gratifiant de travailler pour soi. On voit beaucoup de monde », sourit Adeline. On mise beaucoup sur la convivialité. La boutique en elle-même est agréable et nous avons pas mal de retours positifs, notamment via Facebook. C'est très flatteur et satisfaisant ».

En proposant quelque chose de différent, et même d'unique à Saumur, une fidélisation de la clientèle commence également à poindre. Les boissons dites « gourmandes » à base de café ou de chocolat chaud intriguent, tout comme la chaleur de l'intérieur de la boutique entièrement en bois. De plus, le tutoiement des clients (pas tous évidemment) et l'appel au comptoir par le prénom, au moment du service de la commande, amènent une touche très américaine à l'ensemble, et renforcent la proximité entre le client et le commerçant.

S'ils devaient synthétiser le concept de la franchise en trois points positifs et négatifs, Adeline et Jean-Christophe iraient dans ce sens : « les avantages, ce sont la simplification du démarrage, la possibilité de toucher à un secteur d'activité autre tout en y étant formé et enfin le taux de survie des franchises qui est plus important que celui des entreprises normales. Pour ce qui est des points noirs, on pourrait dire le fait de reverser un pourcentage du CA au siège. D'un point de vue légal, nous sommes limités sur certaines choses, comme la vente d'alcool par exemple. Pour finir, on peut citer quelques décisions prises par le siège, que nous sommes obligés d'accepter sans être toujours d'accord à 100%. Mais bon, c'est la contrepartie de toute franchise ». Des détails qui n'obscurcissent en rien leurs projets sous la bannière « French Coffee Shop » et qui laissent espérer de belles perspectives pour les mois et les années à venir. Le tout à leur rythme. « Dernièrement, nous avons commencé à faire de la restauration rapide, le midi, avec les bagels, afin de développer ce créneau horaire. Pour le moment, nous sommes dans les clous. Nous avons hâte de voir ce que donnera l'été prochain. Tout cela laisse espérer une vraie source de progression » conclut J-C. C'est tout ce qu'on peut leur souhaiter !