L'#Allemagne est la première puissance européenne, même si politiquement elle n'est ni membre du Conseil de sécurité, ni acteur majeur sur la scène internationale dès lors qu'il s'agit de porter les résolutions de l'organisation onusienne. La seconde guerre mondiale a fait de l'Allemagne un pays vaincu, donc un nain politique, mais l'Allemagne a pris sa revanche sur le plan économique en étant depuis fort longtemps la première puissance économique européenne et la troisième mondiale après les Etat Unis et la Chine suivant les critères de classement. On dit de l'Allemagne que c'est un pays qui a une population totale de l'ordre de 80 millions, une population active de 42 millions en fin 2014 -à titre de comparaison la population active française est de 28,6 millions- (sources statistiques de l'Institut allemand pour la recherche économique, Berlin 26 février 2014 et rapport mensuel Bundesbank, Francfort juin 2013).

On dit de l'Allemagne que malgré sa richesse, son taux de fécondité de 1,41 enfant par femme en juin 2013 ne lui permettra pas à long terme de participer au renouvellement démographique exigé par la croissance économique future. Peu importe ces nouvelles difficiles pour l'Allemagne, car, sur le plan économique elle a réussi de très bonnes performances et sur le plan politique la chute du mur de Berlin a entraîné le rapprochement entre les deux Allemagnes nécessitant pendant 10 ans des transferts massifs de deutschemarks de l'Ouest vers l'Est. Pendant cette période, l'Allemagne a été seule à supporter ces transferts qui se chiffraient en milliards de deutschemarks par an. L'Allemagne a fait des réformes drastiques (réforme Hartz sous le Chancelier Schroeder), on l'a accusée de tous maux comme ceux consistant à valoriser des emplois kleenex et payés à un taux de salaire horaire très faible.

Je ne reviendrai pas sur les différentes crises politiques et monétaires qui ont jalonné l'Union économique et monétaire pour essayer d'expliquer le refus de l'Allemagne d'être la locomotive européenne dans la lutte contre le chômage.

Il y a de tout temps entre les Européens du sud et ceux du nord une approche différente du rôle de l'État et de la monnaie dans l'économie. Pour les pays latins comme la France et ceux d'Europe du sud, la monnaie doit être pilotée par l'État. Pour l'Allemagne nourrie de la débâcle monétaire dans les années 30, la gestion de la monnaie ne peut être qu'indépendante, surtout après la fin de la seconde guerre mondiale grâce à la réforme monétaire pilotée par les Américains. L'Allemagne a accepté la création de l'euro comme monnaie commune, mais en exigeant que les Etats membres respectent les contraintes de déficit public, soit 3 % par rapport au PIB, et d'endettement public, soit 60% du PIB.

En plus de ces critères dits de convergence, l'Allemagne a exigé que la politique monétaire de l'Union européenne ne soit plus pilotée par les Etats membres, mais par une Institution européenne indépendante: la BCE (banque centrale européenne) localisée à Francfort. Depuis quelques années l'Allemagne demande à ses partenaires européens (et pas simplement la Grèce) d'être plus vertueux et moins cigales dans la gestion des fonds publics.

L'Allemagne n'entend pas être la vache à lait des autres pays européens. #Angela Merkel