Beaucoup plus clivant et lourd de conséquences pour le grand public que le gentil "enjeux économiques actuels" visible sur l'ordre du jour du dernier groupe Bilderberg, "la fin de l'argent liquide" semble provoquer, avec le contrôle des populations par implantation de puces RFID, un large consensus dans les rangs des commentateurs non-alignés (entendre dissidents de l'ordre économico-cuturel imposé) concernant les thématiques réellement abordées au cours de cette rencontre.

Sans chercher à polémiquer sur la puissance réelle ou fantasmée de ce groupe Bilderberg, ni sur la crédibilité à accorder ou pas à ses détracteurs, cette fin annoncée de l'argent liquide est-elle possible, et quelles prémisses poussent les non-alignés à la craindre ?

Les premiers éléments de réponse sont eux tout à fait clairement identifiés.

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Plusieurs pays scandinaves ont déjà commencé à retirer progressivement l'argent liquide en circulation. Ainsi en Suède il n'est plus possible de l'utiliser à bord du bus et certaines banques n'en distribuent même plus. En Norvège, le cash ne représente plus que 5% des échanges et Finans Norge, qui regroupe sous son égide 200 établissements bancaires, prévoit sa disparition dans moins de cinq ans, en 2020. Mais ce ne sont pas les seuls, loin de là! En septembre 2013, en Israël, le 1er ministre Benyamin Netanyahou a formé une commission dont le but avoué est la fin de l'argent liquide qui représenterait 20% de l'économie du pays - précisons : 20% non-déclarés... Autant que la Grèce. Et tout récemment Willen Buiter, économiste chez Citibank, déclarait qu'il n'existe pas de bonne raison de maintenir les espèces dans l'économie.

Par ailleurs s'il est depuis longtemps possible de payer par carte, aujourd'hui le faire par téléphone l'est aussi et sans contact.

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De quoi faciliter le paiement, plus de rendu de monnaie et moins de file d'attente. #Apple a déjà une application et l'entreprise VISA espère que d'ici 2020, encore, la moitié des paiement se feront par téléphone. L'horizon se précise...

Pour autant, si les conditions de faisabilité et d'utilité à la disparition des espèces existent, elles ne suffisent pas pas à transformer une société à un horizon de cinq ans (les banques qui souhaitent depuis des années la fin des chèques l'attendent toujours) et elles ne suffisent pas nécessairement à la propagation de théories alarmantes.

Il faut un élément déclencheur, un détonateur suffisamment puissant pour créer une peur, une tension qui deviendra virale.

Ce détonateur existe bel et bien lui aussi. Il est l'un des fondements des société capitalistiques et s'incarne dans le système du taux d'intérêt. C'est en temps de crise économique que l'intérêt de la chose prend toute sa dimension car alors le taux peut devenir négatif. L'emprunteur est payé pour le faire.

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Comment cela se peut-il ? Il existe trois phénomènes qui puissent l'expliquer :

- lorsque le taux nominal, celui auquel on emprunte, est inférieur à l'inflation, dans ce cas les prix augmentent plus vite, en pourcentage, que le taux de l'emprunt auquel on a souscrit. Ainsi si l'on achète une maison, sa valeur augmente disons de 3% par an, tandis que l'on ne paye que 2¨% d'intérêt. La banque qui nous prête l'argent nous paye 1% par an. Le taux réel est donc de - 1%. Malheureusement c'est assez rare.

- le taux nominal peut-être négatif pour les obligations d'état. En effet ,différentes institutions ou pays ont des milliards à placer. En tant de crise les titres d'emprunts (bons du trésor, obligations) d'états sûr, c'est à dire en capacité de rembourser leur dette, s'arrachent. Comme il n'y a pas assez pour tout le monde, les taux deviennent négatifs. Dans ce cas de figure le prêteur paye un état, l'emprunteur, pour garder de l'argent, comme on paye un coffre pour ses bijoux. Il le paye par le biais d'un taux négatif.

- le dernier cas de figure, qui ressemble au précédent, est le taux des dépôts en #Banque Centrale. Chaque banque est tenue de déposer une part de ses fonds propres à la banque centrale de son pays ou zone économique. Ces fonds sont rémunérés mais les taux, en temps de crise, quand les banques se servent de la banque centrale comme d'un coffre-fort, peuvent devenir négatifs pour convaincre les banques de ne pas déposer leur argent. Ce faisant les banques centrale les incitent à prêter leur argent aux particuliers ou entreprises pour, par exemple, relancer la croissance.

Mais alors où est le problème ? Il suffit d'emprunter pour gagner de l'argent.

Et bien non, car si les taux des banques centrales deviennent négatifs c'est justement parce que les banques, craignant de ne pas être remboursées, ne prêtent plus.

De plus, les banques peuvent répercuter les taux négatifs sur l'épargne des clients. Ainsi en Suisse, début 2015 et pour des raisons économique spécifiques au pays, la BNS et la Julius Baer notamment ont pratiqué des taux négatifs jusqu'à -0.75%.

Or si l'on supprime l'argent liquide, il n'existe aucune échappatoire au taux négatif autre que la consommation effrénée, pour dépenser son argent avant de le perdre en banque, ou ... le troc. #Finance