L'impact des larcins quotidiens

C'est un problème national qui devient de plus en plus important, donc à considérer sérieusement. 

A l'heure où les économies sont préconisées, où les budgets sont restreints, il existe une faille géante, un gouffre où se perdent des millions d'euros. Tout salarié de l'Etat, sans état d'âme vis-à-vis de son employeur, a détourné, détourne et détournera du matériel dans son environnement immédiat, ici, en l'occurrence, à l'hôpital. Il peut commencer de façon " louable " c'est-à-dire pour rendre service autour de lui, qui, un voisin ou un ami ou un membre de sa famille. " Tu travailles à l'hôpital, tu peux me rapporter des couches pour ma grand-mère incontinente ? " Ensuite la demande porte sur les draps, les alaises, les pansements, les gants, les désinfectants et les médicaments.

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Celui qui a fait ce premier faux pas tombe dans un engrenage de plus en plus exigeant. Ce qu'il a fait pour l'un, il doit le faire pour l'autre sous peine de représailles désagréables. 

L'effet boule de neige

Une forte minorité du personnel adopte cette attitude sous prétexte que tel collègue agit ainsi, pourquoi pas moi... Et la fameuse absolution : ça a toujours existé... 

Il y a l'aspect généreux, d'autant plus généreux qu'il ne coûte rien à son dispensateur. Chaque voleur pense que c'est une goutte d'eau dans un océan infini. Or il s'avère que c'est un geste de plus en plus courant et lourd de conséquences étant donné le coût final de ce matériel à remplacer. Les personnes préposées aux inventaires et à la gestion des stocks doivent être soit complices, soit effarées par les chiffres obtenus en fin d'année comptable.

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Les patients sont les premiers à souffrir de ce détournement de fournitures.

Les patients sont pénalisés car, faute de produit et faute d'argent, l'établissement réduit au maximum les changements de draps, de pansements, de couches, au détriment de leur bien-être, et, pire, ils sont soupçonnés tout comme leur entourage. C'est tellement facile de reporter les soupçons et l'attention sur des malades de passage.

Les moyens à mettre en oeuvre pour éviter les vols

La plupart des hôpitaux n'a pas encore les moyens financiers de mettre des puces de repérage dans le linge, des antivols, des caméras dans les endroits propices, des alarmes dans les armoires à pharmacie, des surveillants dans chaque service.

Depuis peu ils attachent les ordinateurs et instruments précieux, ils mettent sous clef tout ce qui est important (encore faut-il confier la clef à une personne honnête)

Aux vols internes viennent s'ajouter les cambriolages signés des voyous externes.

Le milieu hospitalier vient enfin de prendre conscience de l'ampleur du problème mais ne peut pas tout résoudre par manque de moyens.

On peut se demander si cet état de fait n'est pas la conséquence de l'esprit de corps qui existe dans le milieu hospitalier.

#Médecine #Crise économique #service public