Depuis sa création en 1848, la société Lazard a parcouru un long chemin, laissant derrière elle un halo d'efficacité, de vision et de professionnalisme, tout cela a fait d'elle  la plus prestigieuse maison financière des Etats-Unis et une référence quant à traiter des sujets économiques d'envergure. La société opérant dans 27 pays et avec 200.000 millions de dollars en gestion, se spécialise dans les actifs, la banque d'investissement, les portefeuilles institutionnels, les fusions/acquisitions…

Une figure clef dans ce géant financier est Julien-Pierre Nouen, l'économiste chef de Lazard Frères Gestion, la division chargée des grands patrimoines.

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Ses rapports sur l'actualité macro-économique sont attendus avec impatience par les investisseurs. Si à cette expectation habituelle nous ajoutons l'incertitude énorme dans laquelle se trouve les marchés dernièrement, il est évident que son dernier document stratégique va être à la une et sera commenté par des milliers de personnes inquiètes sur l'avenir de leur portefeuille d'actions.

 

Sans aucun doute, nous assistons à une énorme décélération et ajustement de l'économie chinoise

Son analyse focalise comme il ne pouvait pas être d'une autre manière, sur la crise chinoise. Le rapport explique entre autres que l'annonce du 11 août dernier, annonçant la dévaluation de la devise, a déchaîné une phase de panique. La pression se centra sur les devises des économies émergentes, face aux craintes d'assister à une guerre de devises.

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Ces peurs ont entraîné les marchés des grandes et moyennes puissances. À cela, il faut ajouter la basse liquidité du marché en été, ce qui amplifia les pertes.

En tout état de cause, le rapport part d'une prémisse centrale : la chute de l'yuan mettant en doute le « modèle économique chinois ». À ce sujet, les informations du rapport de juin se voulaient tranquillisantes, mais les statistiques publiées en août sont très décevantes, c'est pourquoi une interprétation négative de la situation est la pensée dominante de la majorité des investisseurs comme des analystes.

Ainsi, Julien-Pierre Nouen considère indéniable  que la croissance de la Chine est en pleine phase de décélération suite à l'épuisement d'un modèle basé sur un important niveau d'investissement. Il cite textuellement dans son rapport : « Ceci se traduit nécessairement par une décélération de l'économie, avec des conséquences négatives pour certains secteurs ».

 

Ce qui s'est produit en Chine, nous affectera-t-il ?

L'analyse de Lazard conclut que la diminution des prix des matières premières, causée par les doutes sur la croissance de la Chine, étend la contagion à d'autres pays émergents.

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Quant au pétrole, la chute actuelle des prix est plutôt due à une offre abondante accompagnant une demande faible. Cette diminution du prix du baril  brut est cependant une très bonne nouvelle pour l'économie globale. Évidemment, une série de marchés émergents sont très sensibles aux matières premières et continuent sous pression, mais en réalité ces pays comme le Brésil ou la Russie, ont commencé leur décélération depuis plusieurs années.

 

Qu'en est-il des économies les plus développées ?

 

Selon les dernières analyses et informations, les perspectives économiques sont encore favorables. Les indices PMI des directeurs d'achat dans l'industrie en août ont été bons dans la zone Euro et au Japon. Aux USA, cependant une décélération légère a été ressentie, mais en parallèle il y a eu d'excellents résultats en données de consommation, construction, création d'emploi… Sans oublier que l'amélioration des économies développées est essentiellement nationale. C'est pourquoi, en général, on espère que la croissance ne se verra pas affectée.

 

  #Crise économique