Au cours de l’émission « Des paroles et les actes » du jeudi 4 février 2016, Nicolas Sarkozy a présenté l’ébauche de son programme économique sans dire s’il serait candidat ou non aux primaires. C’est d’abord un programme de baisse d’impôts et de charges sociales (au moins 25 milliards d’euros) qui devra être voté dès l’été 2017 (ce qui suppose qu’il sera élu #Président de la République, même s’il ne le dit pas). Dans le même temps il explique qu’une aggravation temporaire du déficit serait possible car il souhaite que les dépenses publiques soient réduites de 100 milliards sur la totalité du quinquennat. #Nicolas Sarkozy veut faire baisser les prélèvements obligatoires, faire des économies sur les dépenses publiques et réformer le marché du travail.

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Au-delà de l’aspect politique de la déclaration, on peut se demander si la simultanéité de la baisse des charges, de l’aggravation temporaire des déficits, de la réduction des dépenses publiques et de la réforme du marché du travail est possible dans une économie concurrentielle et dans un pays comme le nôtre où les amortisseurs sociaux, comme les allocations et autres prestations, jouent un rôle très important en cas de déséquilibre économique, c'est-à-dire du chômage.

 

Nicolas Sarkozy est parfaitement dans son rôle d’homme politique. Il souhaite redonner du souffle aux entreprises et à l’activité économique. C’est un fait, mais l’analyse économique montre que l’on ne peut pas tout faire en même temps et qu’il faut donc faire des choix. Les décisions fiscales influencent à long terme et non à court terme les décisions des agents.

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Il y a le temps d’observation de la décision et celui de l’intégration de la décision dans son plan de production, comme cela va être le cas pour les entreprises. Nicolas Sarkozy fait un pari discutable à court terme, à savoir : redonner du pouvoir d’achat aux ménages et aux entreprises. Les ménages doivent consommer (c’est le modèle traditionnel à la française de la relance économique) et les entreprises produire. Le problème est que la circularité économique entre consommation et ménages ne se fait plus de façon automatique en France.  Les ménages et les entreprises fondent leurs décisions sur les critères d’efficacité. La baisse des prélèvements obligatoires n’entraîne pas forcément une relance de la consommation interne et les entreprises ne sont pas obligées d’investir automatiquement.

 

Il y a un problème qui n’a pas été évoqué dans l’intervention de Nicolas Sarkozy : la qualité de production des biens et services qui permet aux entreprises françaises de faire face à la concurrence internationale qui devient de plus en plus importante.

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Il faudrait que le Président Sarkozy précise aussi de façon très claire le modèle productif économique qu’il souhaite voir adopter par les entreprises françaises. Serait-ce un modèle d’ « Uber-popérisation » qui permet aux entreprises de produire à des conditions de rémunération faible pour les salariés  ou un autre modèle ? Au cours de l’émission « Des paroles et des actes » Nicolas Sarkozy n’a pas été très explicite. Il s’est contenté de déclarer que la baisse des impôts permettait de restaurer l’efficacité économique en France.  Le problème est : Nicolas sarkozy doit nous dire de façon très claire comment il compte simplifier la compréhension de l’impôt et comment souhaite-t-il conserver les principes d’efficacité et d’équité qui permettent d’évaluer tout impôt.

 

Un système fiscal simple, transparent et facile à administrer, peut être accepté par tous les contribuables. Dans le cas contraire, le rendement de l’impôt qui doit procurer un niveau de recettes souhaité risque de conduire à des distorsions et à une incompréhension radicale de la part de nos concitoyens français qui sont d’abord des électeurs aux primaires de la Droite et du Centre et à l’élection présidentielle. #Élections