La loi Khomri est en train d’être débattue en ce moment à l’Assemblée nationale. Elle fait déjà l’objet de 5000 amendements et contestations diverses. Sur le plan politico-idéologique, une grande partie de la Droite conservatrice estime que la loi n’est pas au niveau des attentes des Français qui l’ont d’abord saluée comme une loi importante, favorable pour la réforme du marché du travail. A Gauche, les 40 frondeurs estiment que le #Gouvernement a trop cédé aux exigences de MEDEF et que deux dispositifs de la loi Khomri ne sont pas acceptables, à savoir le licenciement d’un salarié même si son entreprise fait du bénéfice et l’inversion des normes en matière de licenciement et de l’application des accords.

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Dans la hiérarchie des normes traditionnelles, c’est l’accord d’entreprise qui prévaut sur celui de la branche en matière de licenciement, or la loi Khomri dispose que la branche peut prévaloir face à un accord d’entreprise. Nous sommes là au cœur de l’inversion des normes inacceptables pour les syndicats et les manifestations qui sont contre la loi Khomri.

 

Le véritable problème en France est que nous sommes dans un pays qui n’aime pas les réformes et qui discute de celles-ci sur les principes généraux et non sur les méthodes. La France a beaucoup de mal avec une organisation de sa pensée économique depuis 1945. Elle confond la thèse et les hypothèses et n’arrive pas sur un problème à être relativement claire, elle traite le problème de manière doctrinale, donc confuse et forcément idéologique, alors que le traitement des questions doit introduire une approche relativement séparée entre la nature du texte, les hypothèses et les conclusions éventuelles.

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Il y a une cacophonie autour de la loi Khomri car le texte a évolué de nombreuses fois. Le gouvernement a du reculer et durcir celui-ci sur certains points, comme la taxation des CDD, ce qui a eu l’heur de déplaire au MEDEF et donc à son Président, Monsieur Gattaz. Le gouvernement a très mal communiqué sur la loi Khomri, ce qui donne l’impression en sortie que tout le monde va être perdant. La France est incapable de faire des réformes acceptables au nom de la modernité. Nous ne savons pas faire la distinction entre les éléments de discours idéologique et ceux de l’analyse sociale, économique et politique valables pour tous. Voilà pourquoi nous sommes condamnés à prendre des mesurettes de décision et à ne pas réformer la France au fond dans tous les domaines.

 

La loi Khomri vise à moderniser tout en réformant le marché du travail français. Malheureusement en France les notions de réforme ne sont pas perçues de manière pratique. L’idéologie n’est pas très loin et elle enfume les réformes pratiques d’une société qui ne demande qu’à être en phase avec la mondialisation.

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Les difficultés de réformer en France sont liées en partie à l’existence d’un marché politique au sein duquel les différents gouvernants puisent leur existence politique et professionnelle dans leur capacité de discourir sans tenir compte de la réalité. La loi Khomri devra passer comme le demande le Premier Ministre et le Président de la République, peu importe si le 49/3 sera appliqué ou non. Globalement on peut noter que la France a beaucoup de mal à faire des réformes car l’idéologie est très prégnante par rapport à la réalité économique.

 

 

  #Union Européenne #François Hollande