Au cours de l’émission le Grand rendez-vous Europe 1/le Monde/I tele du 8 mai 2016, notre Prix Nobel d’économie Jean Tirole de la Toulouse School of economics déclare que la France doit arrêter de jouer l’autruche. Pour lui les hommes politiques français n’utilisent pas de façon rationnelle les finances publique pour lutter efficacement contre le #Chômage. Il estime que les raisons pour la préférence d’un chômage de masse en France, tiennent à la conjonction de deux facteurs: l’incompétence du personnel politique en matière d’économie et le manque d’appétence du peuple français pour la chose économique.

 

Concernant le premier facteur, il explique que le personnel politique français a constaté le changement du monde mais que ce personnel politique a beaucoup de mal à inscrire la vie politique économique française dans ce changement. Si la loi Khomri, au départ, était un facteur positif pour redonner du sens à la politique des entreprises dans leur lutte contre le chômage, la dénaturation de la loi Khomri favorise les blocages et les incompréhensions qui contribuent au statu quo, donc à la préférence pour le chômage de masse, au-delà des discours contraires visant à valoriser les batailles contre le chômage.

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Pour le deuxième facteur, il estime que la France, de tout temps (pays agricole, industriel et de services qu’il est devenu), n’a jamais accepté la concurrence du marché et ses principaux acteurs préfèrent un Etat interventionniste, l’entre-soi, la préférence des relations sociales au détriment du raisonnement économique. La France est un pays de rentes qui n’aime pas la concurrence et qui, malgré ses discours sur la concurrence, préfère l’absence de celle-ci,  or cette situation est devenue, aujourd’hui, intenable car la France doit faire des choix. Ce sont d’abord des choix de la classe politique qui doivent porter sur l’optimisation des institutions du marché du travail. On constate, assez paradoxalement, que la France a des institutions qui créent du chômage et qui pèsent lourdement sur les finances publiques.

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La compétitivité et la lutte contre le chômage de masse obligent le système productif et les pouvoirs publics à réfléchir sur la nature des contrats durables dans le temps. Les entrepreneurs français restent, assez paradoxalement, ancrés dans une vision de court terme lorsqu’il s’git du marché du travail. Ils préfèrent créer des CDD au lieu de valoriser des CDI. Cette situation lutte de façon temporaire contre le chômage mais ne le fait pas disparaître à long terme même si notre pays bénéficie de bonnes nouvelles comme la baisse du taux d’intérêts, du prix du pétrole et d’un euro relativement bas. L’alignement de ces planètes extérieures à l’économie française, devrait en pratique profiter à celle-ci. Or, rien de tel, cela prouve que le chômage de masse est en France structurel et dépend essentiellement de la capacité des entreprises françaises à embaucher.

 

Un problème oublié par les analyses est que l’on ne peut parler du marché du travail, du rôle des entrepreneurs sans insister sur une idée focale : pour lutter contre le chômage de façon durable, il faut que les entreprises aient des carnets de commande pleins sur le long terme.

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Prétendre le contraire, c’est introduire des incertitudes radicales dans la gestion du marché du travail par les pouvoirs publics et dans la gestion des stratégies productives des entreprises. Les entreprises françaises doivent être capables d’aller vers le grand large, surtout les PME, en allant chercher les clients là où ils se trouvent. Pour cela, il faut refonder, pas simplement l’apprentissage des métiers et des procédures, mais la connaissance des langues, surtout de l’anglais professionnel et économique, vecteur essentiel de négociation avec les clients potentiels. #Crise économique #Entreprise