Avec la Mondialisation sous sa forme actuelle, dominée par le souci de la rentabilité économique et financière, la compétitivité est apparue comme un dogme, un credo, une confession de foi. Mais la définition du concept de "compétitivité" n'a pas été claire et précise. D'où des interprétations fallacieuses.

 

Un concept indéfinissable

Le concept de compétitivité n'a pas été clairement défini. Du moins, il n'a pas une définition qui fasse unanimité auprès des populations. Le comble, c'est que sa compréhension semble être réservée aux seuls initiés - les économistes et les financiers – considérés en l'espèce comme les membres d'une secte ésotérique, seuls, à même de détenir les clés herméneutiques et exégétiques de cette doctrine.

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Une chose est sûre, pour une certaine école, la compétitivité, c'est la "Capacité d’une offre, d’une entreprise à affronter la concurrence avec des chances de succès". D'autres institutions évoquent la notion.

 

La notion de compétitivité selon les pouvoirs publics et les sociétés savantes

Les pouvoirs publics disent que la compétitivité est le moteur des économies nationales, qu'elle conduit à renforcer la productivité des pays ; que grâce à elle, le PIB de chaque pays va être boosté. Face aux entreprises et partenaires commerciaux, les dirigeants politiques, économiques et financiers n'ont qu'un mot sur les lèvres : la "compétitivité". Les sociétés savantes ne sont pas en reste. Pour elles, la doctrine de la compétitivité est la science qui contribue à stimuler la croissance des États.

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Ces approches donnent à penser que les finalités du concept de compétitivité sont strictement économiques et financières ; et que les effets de ce concept ne déborderont pas de la sphère économique et financière. Or, la notion de compétitivité est sortie de son cadre originel. Car la difficulté d'une définition nette et claire du concept a nourri un glissement sémantique.

 

La compétitivité comprise comme une affaire d’États, d'entreprises

Au commencement, le citoyen lambda ne se sentait pas concerné par la compétitivité. Pour chacun, la compétitivité, c'est une affaire des grandes organisations, des grandes structures étatiques, des multinationales. On parlait de la compétitivité des États, de la compétitivité des entreprises. Mais, très vite, la doctrine a été dévoyée.

 

Une doctrine dévoyée

Notion vague, obscure, ténébreuse, indéfinissable, le concept de compétitivité est devenu un fourre-tout, permettant à chacun d'y mettre du sien. Ainsi, initialement réservé aux États, aux grandes structures, le concept de compétitivité s'est incrusté dans des domaines où on ne l'attendait pas.

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La compétitivité a gagné les mœurs et le quotidien des citoyens. Ainsi, quoique l'on fasse, chacun se veut compétitif. Pour finir, la compétitivité est interprétée de diverses manières.

 

Compétitivité : compétition ? Concours ? Professionnalisme ? Concurrence déloyale ?

Les États ont été les premiers à engager une course folle de compétitivité qui a dérivé sur la compétition, voire un concours entre eux. Les nombreux conflits armés auxquels le monde fait face en sont la preuve. Au fond, on ne sait plus où on en est avec la doctrine de la compétitivité, car on est arrivé à un niveau où la "compétitivité" se dispute avec "la concurrence déloyale", d'abord entre les États, ensuite entre les entreprises, enfin entre les citoyens.

 

Compétitivité ou combativité ?

Aujourd'hui, on a du mal à distinguer la "compétitivité" de la "combativité". Chacun visant l'excellence, la performance au travail et dans sa vie de tous les jours pour son #Bien-être, c'est la confusion. La recherche du bien-être menant parfois à une appétence sportive assortie d'épreuves d'endurance, quel terme utiliser en l'espèce ? S'agit-il d'une compétitivité ou d'une combativité ? La question reste pendante.

 

Pour tout dire, à cause de sa mise en œuvre abusive, et de la difficulté à la définir, la doctrine de la Compétitivité a été complètement galvaudée, renvoyée à sa fonction congrue.

  #Paris économie #Croissance économique