Monétique : néologisme inventé dans les années 1980 pour désigner les flux financiers provoqués par les cartes bancaires et véhiculés en télétransmissions par des appareils d'opérations domestiques courantes (guichets automatiques de banque : GAB) ou de paiements (terminaux de paiements électroniques : TPE). La monétique, c'est de la communication : un émetteur (= une carte bancaire), un message (= une transaction télétransmise), un récepteur (= un GAB ou un TPE). La monétique, c'est surtout un accélérateur et une fiabilité des flux, une source d'économie de traitements "back office" et un potentiel de nouveaux profits pour les banques.

Et un, zéro...

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1984 : sous l'autorité du GIE Cartes Bancaires ("casques bleus" de l'interbancarité naissante), TOUTES les banques françaises s'accordent sur un règlement financier afin que tous les automates (GAB et TPE) soient ouverts et accessibles à TOUTES les cartes bancaires. Sous conditions de commissions convenues.

Pour les opérations de retraits sur GAB : 5,05 francs (aujourd'hui 1 €) par retrait d'un "non client" de l'enseigne. Un GAB bien placé dans un centre ville vaut mieux qu'un GAB mal situé dans une impasse d'un petit village de province. On comprend mieux alors l'installation exponentielle de GAB en des lieux stratégiques et fort fréquentés. Mais pas de GAB qui vaillent sans un parc important de cartes bancaires.

Pour les opérations de paiements sur TPE : 0,60 % de la transaction versé à la banque du client par la banque du commerçant.

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On comprend mieux alors l'installation rapide de TPE chez des commerçants et l'explosion du parc de cartes (62 millions à ce jour). Sources d'économies (traitement des chèques) et de profits (commissions interbancaires). Tout plaide pour la distribution et la vulgarisation des cartes bancaires. Visa et Eurocard / Mastercard l'ont compris en écho de la dynamique commerciale des banques. La France marque un premier but !

Et deux, zéro... 1992 : TOUTES les banques françaises conviennent de sécuriser les transactions "monétiques" par la généralisation du microprocesseur (dit "puce") qui fiabilise les retraits (et surtout les paiements par bénéfice du code confidentiel à 4 chiffres). La fraude sur les transactions est (presque) maîtrisée. Invention géniale d'un Français, Roland Moreno. La France marque un deuxième but !

Et trois, zéro... 1999 : MONEO offre ses services pour les paiements de petits montants (boulangerie, tabac presse, parcmètres etc...). Succès mitigé. Vite remplacé - bénéfice de la technologie Wi-Fi - par le paiement sans contact, inspiré du télépéage.

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A ce jour, 28 % des commerçants (= 360 000) acceptent ce mode de paiement par 36 millions de cartes bancaires (= 59 % du parc). Nouvelle fonctionnalité appréciée et adoptée sans réserve par le "système" et nouvelle manne pour les banques. La France marque un troisième but !

L'Histoire n'a pas fini de s'écrire... La monétique nous réserve de belles surprises, car la "puce" n'a pas encore livré toutes ses richesses et toutes ses potentialités d'accueil. A quand la carte vitale, le carnet de santé, l'accès à d'autres services encore hébergés dans ce petit rectangle de plastique, aujourd'hui incontournable, riche d'un ordinateur large comme l'ongle de mon pouce ? Mais si puissant...

A suivre... Visa et Eurocard / Mastercard y travaillent. D'autres aussi...

La Teste de Buch et son "Bistrot"...

La suppression des pièces de 1 et 2 centimes est une affaire de gros sous #Finance