Comme l’avait dit Theresa May dès son accession au 10 Downing Street, « le #Brexit, c’est le Brexit ». Oui, mais, concrètement ? Le Brexit pourrait signifier que la Banque d’Angleterre abaisse son taux directeur de 0,5 à 0,25 % et que les banques britanniques répercutent cette baisse en ne rémunérant plus ou en pénalisant l’épargne des déposants, particuliers ou petites et moyennes entreprises.

Déjà, compte tenu de l’inflation, les épargnants confiant leurs économies aux banques britanniques voient leurs dépôts s’éroder. Certains comptes d’épargne chez HSBC, First Direct ou encore la Banque postale (Post Office) ne sont déjà plus rémunérés.

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Mais pour la majorité des autres, le gain ne dépasse guère plus 0,30 ou 0,40 % si l’argent reste disponible (il ne faut pas faire de retrait sur une, deux ou davantage d’années pour égaler les taux français). Mais cela pourrait empirer avec l’application de taux négatifs.

Le taux directeur de la Bank of England pourrait être revu à la baisse

C’est en tout cas ce qu’envisagent les établissements du groupe RBS (Royal Bank of Scotland, National Westminster – NatWest –, Ulster Bank…). Dans la perspective d’une réduction de moitié du taux directeur de la Bank of England, ces banques pourraient encore réduire la rémunération des comptes d’épargne existants et introduire des taux négatifs pour les futurs contractants.

En fait, dans une lettre à leurs clients professionnels (1,3 million), la RBS, qui avait été renflouée par les contribuables en 2009, et NatWest se bornent à déclarer qu’elles s’efforceront de préserver au mieux les intérêts des épargnants, mais que, de toute façon, les tarifs de rémunération de l'épargne évolueront.

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Entendez, encore à la baisse, ce qui est régulièrement le cas depuis 2009. Les entreprises et les personnes morales (dont les associations caritatives et autres) seraient les premières touchées.

Les autre pays européens impactés

De telles mesures pourraient provoquer un effet domino… Déjà, la BCE, la #Banque Centrale européenne, applique un taux de 0,40 % à la charge des banques des divers pays y consignant des fonds. C’est aussi le cas de la Banque nationale suisse qui prélève 0,75 % sur les dépôts des banques helvètes. Et aux Pays-Bas, ABN Amro envisage aussi d’appliquer, s’il le fallait, des taux négatifs à ses clients.

Le groupe RBS, en dépit des apports des contribuables britanniques, reste dans le rouge et devrait, selon le Financial Times, annoncer de nouvelles pertes. Ses actions sont à la baisse depuis décembre 2015.

La circulaire envoyée aux clients professionnels et les vives réactions qu’elle suscite pourraient influencer la décision de la Banque d’Angleterre, qui doit se prononcer sur le niveau de son taux le 4 août prochain.

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Cette décision pourrait découler des résultats d’une enquête auprès des directeurs d’achat des PME-PMI britanniques qui indique que les perspectives d’investissement reculent fortement. En théorie, abaisser les taux directeurs incite les banques à prêter davantage aux entreprises, à conforter le secteur immobilier (et donc le BTP et les entreprises de rénovation), soit à relancer l’investissement et la consommation. Mais des taux égaux ou inférieurs à zéro peuvent dissuader les épargnants et fragiliser encore davantage la rentabilité des banques.

En France, Natixis a déjà prévenu ses grands comptes qu’elle réviserait ses tarifs en cas de nouvelle baisse des taux et en Suisse, UBS leur applique déjà des frais de trésorerie. Mais les plus petits professionnels (autoentrepreneurs, TPE, TPI) pourraient être tentés, en cas de taux très faibles ou négatifs, de placer leurs avoirs, en cas de bénéfices, hors des banques, par exemple en finançant directement les prêts d’investissement de leurs pairs, via des systèmes participatifs. Même si ces dispositifs doivent s’adosser à des établissements bancaires pour garantir leurs dépôts, et donc subir aussi des frais, cela risque de bouleverser davantage le système bancaire. #Entreprise