Le constructeur naval français #dcns est victime d’une fuite « massive » de données confidentielles concernant un des modèles de ses sous-marins : le Scorpène. C’est le journal The Australian qui rapporte cette nouvelle. L’Inde, la Malaisie et le Chili, qui utilisent ce modèle, sont des plus inquiets.

22 400 pages dévoilées

C’est en effet plus de 22 000 pages qui ont été divulguées à partir de l’Inde selon la direction de DCNS, puisqu’en 2011 un ancien officier de la marine française était parti avec ces documents au pays des Maharadjas. Heureusement pour l’entreprise et la sécurité internationale, les milliers de feuilles ne sont pas considérées comme confidentielles ni comme critiques. Il n’empêche. Cet épisode est des plus embarrassants pour le constructeur français qui a réussi à remporter le fameux contrat australien estimé à 34 milliards d’euros. A noter que les sous-marins australiens seront des « Shortfin Barracuda » et non des « Scorpène ». D’ailleurs le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, a lui aussi reconnu l’impact mineur de cette diffusion : « Le sous-marin que nous allons construire avec les Français s'appelle le Barracuda, et est totalement différent du Scorpène conçu pour la marine indienne ». Quant au ministre indien de la Défense, Manohar Parrikar, il a plutôt avancé la thèse du #Piratage informatique.

Plus concrètement, les pages communiquées concernent les sondes des sous-marins, les systèmes de communication et de navigation et les systèmes de lancement des torpilles.

Pourquoi diffuser ces documents ?

A l’heure actuelle aucune raison ne semble plus plausible qu’une autre. Néanmoins celle de la guerre économique n’est pas à exclure. En effet DCNS se situe sur un marché (très) très concurrentiel où tous les grands constructeurs internationaux se livrent une bataille de tous les instants. Ce serait certainement l’hypothèse à retenir, sachant que le constructeur français ne fait pas figure de petit poisson (plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 13 000 salariés), d’autres plus petits ou à taille équivalente pourraient être intéressés pour copier sa technologie. La direction de l’entreprise à demandé aux autorités d’enquêter sur l’origine de cette fuite.

Grain de sable pour l’Etat français

Il faut aussi savoir que l’Etat détient encore aujourd’hui 62% de DCNS et qu’il est bien évident qu’il se serait bien volontiers passé de cette fuite, à même pas un an des élections de 2017. Même s’il n’est pas responsable de cet accident, cela fait tâche sur un bilan présidentiel. Cela pose aussi la question de la gouvernance d'une entreprise par l'Etat puisque celle-ci est déjà critiquée. De plus, les comptes du constructeur étaient depuis longtemps dans le rouge, jusqu’à ce que le contrat signé avec l’Australie ne vienne donner une bouffée d’oxygène, et que la perspective de licenciements économiques s’éloigne suffisamment. Ce fâcheux épisode ne met pas en confiance quant à l'avenir du fleuron français de la marine nationale qui pourrait voir son carnet de commandes fondre comme neige au soleil. En effet, qui aurait envie d'acheter un sous-marin sachant que les plans pourraient être divulgués (et copiés) à n'importe qui ? Personne. #France