Leurs noms font peur et sont souvent cités dans des scandales et controverses de santé publique. Bayer, le géant de l’industrie pharmaceutique a acquis, le 14 Septembre 2016, l’entreprise de biotechnologie américaine #monsanto Company.

 

Un géant de l’agrochimie est né

Pour ce faire, Bayer a déboursé 59 milliards d’euros. "Bayer et Monsanto ont signé mercredi un accord de fusion ferme", au prix de 128 dollars par action en numéraire, pouvons-nous lire dans le communiqué de Bayer. Cet achat est le plus important réalisé par un groupe allemand. De fait, Bayer, grâce à cette transaction, devient le numéro un des pesticides et des semences.

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Le chiffre d’affaires annuel de ce nouveau groupe est estimé à 95 milliards d’euros.

 

Le leader mondial des semences face à la crise

Ce contexte d’achat intervient alors même que Monsanto connaît des difficultés liées à la forte concurrence dans le secteur de l’agrobusiness. Ce secteur est en effet en crise à la suite de la chute des cours des matières premières agricoles. Les cours du soja, du blé et des autres matières premières ont baissé considérablement. En effet, la demande chinoise est moindre depuis quelques années. Cette instabilité contextuelle s’est manifestée par une baisse de 15 % des résultats de l’entreprise. Ainsi, ce sont pas moins de 3600 postes qui ont été supprimés par Monsanto. Cette restructuration est donc une véritable aubaine pour renforcer sa présence dans le secteur de l’agrobusiness et son quasi monopole sur la production de semences-pesticides.

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L’agrochimie : un secteur en mutation

Le secteur de l’agrochimie ne cesse d’évoluer. Les achats et les fusions se réalisent entre de grands groupes. Par exemple, le chinois ChemChina a acquis l’entreprise suisse Syngeta. Les entreprises américaines DuPont et Dow Chemical ont, le 12 septembre, fusionné avec les entreprises canadiennes Potash Corp et Agrium. Le groupe ainsi formé devient le leader mondial des engrais dans le monde.

 

Un risque pour Bayer ?

L’acquisition de Monsanto Company par Bayer permet à l’entreprise allemande d’asseoir sa présence dans le secteur de l’agrochimie. Cependant, cette opération est jugée très risquée. Si le nouveau PDG de Bayer, Werner Baumann, a estimé que la transaction était intéressante, son prédécesseur, Marjin Dekkers, avait toujours mis de côté l’éventualité d’une acquisition. Et pour cause, l’opération est risquée. Outre un risque financier non négligeable, Bayer, avec l’achat de Monsanto, s’engage sur un terrain houleux. Rappelons que Monsanto Company est le pionner en matière de OGM et pour cela, l’entreprise est haïe dans le monde entier.

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90 % des semences de maïs et de soja aux États-Unis sont modifiées génétiquement. Par ailleurs, l’entreprise est également l’inventeur de l’herbicide contenant du glyphosate, une substance potentiellement cancérigène, le Roundup. Des manifestations anti-Monsanto se tiennent régulièrement partout dans le monde telles que La marche mondiale contre Monsanto (présente dans plus de 400 villes dans le monde) ou encore le "Tribunal Monsanto", un tribunal international qui se tiendra du 14 au 16 Octobre 2016. Avec cette acquisition, Bayer risque donc d’être fragilisé et devenir une nouvelle cible pour les opposants du monde entier. #Economie #Agriculture