Le secteur du #crowdfunding double chaque année et il semblerait que ce ne soit pas une bulle. Pour autant, faut-il encourager ce nouveau mode de financement ? Afin de nourrir la réflexion, voici ma contribution en 7 points.

1. Le #Financement participatif risque de faire du tort aux banques

Les banques françaises sont accusées d’être opaques, de pratiquer des frais élevés, de ne pas prendre assez de risques. Le financement participatif représentait en 2015, 300 millions d’euros, Ce n’est qu’un minuscule point noir face aux deux mille milliards d’euros que représente l’épargne des ménages français. Cela passerait presque inaperçu si ce volume ne doublait pas chaque année. A ce rythme, il atteindrait 6 milliards d’euros à l’horizon 2020.

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2. Les intermédiaires risquent de disparaitre

Les plates-formes de financement participatif proposent des informations et des outils qui favorisent l’interaction entre les investisseurs et les entreprises. Ces échanges produisent de l’intelligence collective qui peu à peu éduque les particuliers qui finiront bien, tôt ou tard, par se passer des intermédiaires. Si l’on ajoute à cela l’arrivée prochaine du Blockchain, on peut s'imaginer une société dans laquelle l’ensemble des transactions qui entourent l’individu se feront directement de personne à personne. Nous nous dirigeons tout droit vers la fin programmée de toutes formes d’intermédiations.

3. Investir dans des entreprises innovantes représente un risque

Ce n’est pas un hasard si l’AMF qui règlemente cette profession oblige les plates-formes à informer les investisseurs sur les risques de perte partielle ou totale des fonds investis.

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Les plates-formes réalisent des analyses approfondies des projets avant de les publier, néanmoins, le risque demeure.

4. Il est difficile de s’y retrouver

Sous le vocable du financement participatif se cache des réalités très différentes, par exemple le don, qui ne fait pas l’objet de régulation. Il y a le prêt qui est régulé par l’AMF et nécessite d’obtenir un agrément d’Intermédiaire en Financement Participatif. Jusqu’ici une entreprise pouvait emprunter auprès de particuliers jusqu’à 1 million d’euros. A partir d’octobre 2016 ce plafond est relevé à 2,5 M€. Un particulier pourra désormais prêter 2000 € par projet. Pour les plates-formes qui interviennent dans l’Equity, le montant que les entreprises pouvaient lever était plafonné à 1 M€ par an, il a été relevé à 2,5 M€. L’investisseur lui, n’est pas limité.

5. Cela redonne du pouvoir aux citoyens

Il n’est pas certain que le fait de redonner du pouvoir aux citoyens garantisse la bonne utilisation de leurs fonds. On observe plutôt un phénomène de suivisme et la réaction de la foule pourrait tout aussi être moutonnière. Ne faudrait-il pas plutôt continuer à confier l’argent des épargnants à des professionnels du milieu bancaire, rationnels et rigoureux comme chacun le sait ?

6. Les acteurs du financement participatif sont des idéalistes

Leur crédo consiste à inciter les épargnants à reprendre en main leur argent pour l’orienter vers des modèles économiques plus conformes à leurs aspirations sociétales.

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Ils soutiennent qu’il est possible de concilier la rentabilité avec le respect des personnes et des ressources tout en créant de l’emploi local. Ils prétendent opérer un changement de paradigme en privilégiant l’usage au détriment de la propriété.

7. Ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions

Heureusement, ces nouveaux acteurs n’ont pas les reins assez solides comparés aux banques qui brassent des sommes considérables. Et ce ne sont pas les maigres commissions qu’ils prélèvent sur le montant des campagnes qui inquiètent les acteurs bancaires.  Il faudra s’attendre à ce qu’il y ait de la casse, puis quelques regroupements auront lieu et il restera quelques acteurs de taille suffisante qui pourront être rachetés par des banques.

A moins qu’ils ne réussissent ce qu’ils ont entrepris et que leurs idéaux ne les préservent des aspects vénaux et mercantiles…

  #Finance