On le présageait depuis plusieurs jours : l'Accord économique et commercial global (en anglais le #CETA) entre l'#Union Européenne et le #Canada ne pourra pas être signé ce 27 octobre, comme prévu. En effet, sur les 28 États-membres, un seul n'est pas en mesure de le faire : la Belgique. En réalité, ce n'est pas le gouvernement belge qui bloque mais plusieurs des composantes de ce petit État fédéral. La Wallonie, en particulier, avait largement rejeté le texte actuel. Son Ministre-Président, le socialiste Paul Magnette, avait longuement négocié avec la ministre canadienne du commerce international, Chrystia Freeland. Il avait obtenu quelques avancées avant que la ministre abandonne les négociations, vendredi dernier. L'Union européenne avait alors repris la main, faisant elle-même des propositions jugées encore moins satisfaisantes que celles obtenues du Canada. Ce lundi, une réunion belgo-belge entre les autorités fédérales et celles des entités fédérées n'ont pu que constater le blocage. Le Premier Ministre belge, le libéral Charles Michel, a informé Donald Tusk, le Président du Conseil de l'Union européenne : c'est non.

 

Comment la Wallonie peut-elle bloquer un traité entre 29 pays ?

La Wallonie bloque la Belgique, qui bloque l'Union Européenne. Comment est-ce possible ? La Belgique est un État fédéral. Certaines matières ont été transférées aux régions et aux communautés qui la compose. Un traité comme le CETA couvre des matières qui sont aux mains des régions et communautés, gouvernées par des coalitions différentes (de droite pour la Flandre, de gauche pour la Wallonie). Le gouvernement fédéral belge doit donc obtenir l'accord des différents gouvernements pour signer ce traité. Or, trois parlements (celui de la Wallonie, celui de la Communauté française et celui de la Région bruxelloise) ont refusé de cautionner le texte en l'état. En Wallonie, seul le parti du Premier Ministre Charles Michel (25 sièges sur 75) a voté pour l'adoption du CETA. C'est donc avec l'appui d'une large majorité élue démocratiquement que le Ministre-Président wallon a négocié avec la ministre canadienne et l'Union européenne, demandant notamment du temps et refusant les ultimatums. Le parlement de Wallonie avait déjà exprimé son opposition au traité en avril dernier, sans que l'Union européenne et le gouvernement fédéral belge ne semblent vraiment le prendre au sérieux.

Et maintenant, que va devenir le CETA ?

Après 7 ans de négociations et vu le large soutien au traité de la part des gouvernements européens et canadien, il est peu probable que le CETA soit totalement enterré. Les pressions qu'a subies la Wallonie n'ayant servi à rien, la Commission essaiera-t-elle une autre technique ? La modification du traité est une piste qui devrait être envisagée. Surtout que le texte devra être soumis aux différents parlements nationaux qui pourraient suivre l'exemple de la Wallonie.