En janvier 2014, l'entreprise de pneus #Goodyear annonçait la fermeture de son usine d'Amiens et le licenciement de 1143 salariés. Cette décision était inacceptable pour les syndicats, qui avaient lutté 7 ans durant contre cette fermeture programmée. Ainsi, le 6 janvier 2014, devant la réponse de leur direction, 8 salariés, dont 5 délégués syndicaux, ont décidé de séquestrer leur DRH et leur directeur de la production. Ce faisant, ils souhaitaient renégocier directement avec ces derniers sans véritablement leur laisser d'alternative. L'incident a duré près de 30 heures, avant que les 2 cadres ne soient libérés.

Les salariés ont dû faire face à une réponse juridique très sévère. En effet, le 24 novembre 2015, le tribunal correctionnel, devant lequel comparaissaient les syndicalistes en question, a insisté sur le fait que les salariés ne peuvent se rendre justice eux-mêmes.

Publicité
Publicité

Ainsi, plus tard, le 12 janvier 2016, ce même tribunal correctionnel a infligé une lourde sanction : 2 ans de prison, dont 9 mois fermes. La peine peut même être plus dure, et aller jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Au sein même du gouvernement, on était étonné d'une telle décision, Manuel Valls jugeant cette sanction "indéniablement lourde". Si les ex-salariés se retrouvent aujourd'hui une fois encore devant la justice, c'est parce qu'ils avaient fait appel de cette décision. Ils espèrent ainsi obtenir leur relaxe dans la journée.

Quel soutien des syndicats aujourd'hui ?

La CGT a appelé à une grande manifestation de soutien à ses délégués, aujourd'hui à Amiens. Selon Mickaël Wamen, ex-leader de la CGT Goodyear également condamné, 15 000 à 20 000 personnes sont attendues.

Publicité

Par ailleurs, les avocats des syndicalistes et la CGT nient l'accusation de " séquestration ", affirmant plutôt que les 2 cadres ont été "retenus". Au sens propre du terme, selon eux, il n'y a pas eu séquestration de la part des salariés. C'est vraisemblablement l'argumentaire qu'ils comptent utiliser aujourd'hui devant le parquet. Bref, la justice sociale doit primer. #Syndicat #Emploi