Dans une adresse récente, Madame Pénicaud, Ministre de l’#Emploi, estime que les emplois aidés sont coûteux (soit 2.4 milliards d’euros). Face à cette remarque, que propose-t-elle ? Rien pour l’instant et on peut penser qu’elle attend la rentrée pour faire des propositions concrètes aux jeunes concernés par ces emplois aidés. On peut néanmoins avancer qu’il y a 416 000 personnes concernées en 2016 par ces emplois aidés. Quelle est la réalité ? La vérité est que l’ordonnance sur la réforme du marché du travail a des contours flous et on fait croire que la réforme du licenciement, le plafonnement des indemnités prudhommales et les référendums entreprises seront l’alpha et l’oméga d’une création de nouveaux emplois en France.

Publicité
Publicité

Le problème est que l’emploi ne se décrète pas, une partie de la population active n’est pas formée correctement face aux obligations et contraintes du marché mondial. La formation continue et professionnelle reste déficiente en France à la différence de l’Allemagne. De plus, l’emploi, qu’il soit qualifié ou peu qualifié, dépend de façon pérenne des carnets de commande de l’entreprise. Le problème est que,dans notre modèle économique global français, ce sont les PME qui embauchent le plus, or ces PME sont confrontées aux frontières nationales et européennes, à la différence des PME allemandes dont les frontières du marché sont nationales, européennes et mondiales. C’est un débat qui n’est jamais abordé dans notre pays pour des raisons qui sont aussi liées à la place de nos PME dans la fabrication des biens et services de gamme moyenne ou faible sans forte valeur ajoutée.

Publicité

En France, les entreprises préfèrent mettre en avant le coût du #Travail qui est est certes élevé, mais laissent de côté les problématiques liées à la qualité des produits, à leur positionnement en premium sur le haut de gamme et la qualité du service. Au total, les entreprises françaises oublient le client.

La réforme Macron du marché du travail peut être un accélérateur d’une précarisation en France

L’Allemagne connait un plein emploi car son taux de chômage est en baisse continue à 5,6%, alors que nous, en France, sommes autour de 10-11, voire 12% selon certaines estimations statistiques. L’Allemagne, grâce aux réformes Hartz en 2005, a une économie solide et un marché du travail dynamique. C’est l’arbre du cache la forêt car, derrière ce dynamisme, il y a une variété de situations de précarité entre les contrats à durée déterminée, de l’ordre de 2.6 millions de personnes, les mini jobs à 450 euros par mois, les intérimaires et les personnels à temps partiel selon l’Institut économique de Berlin (DIW). La réforme Macron peut se traduire par une précarisation accélérée en France car les entreprises ayant la voie libre en matière de licenciements, d’utilisation de contrats spécifiques, comme les contrats d’usage, de chantiers, de missions, ne se gêneront pas d’accélérer la précarité des salariés français.

Publicité

Une réforme du marché du travail est nécessaire mais une conférence sur la nécessité de produire des biens et services qui fidélisent la clientèle nationale, européenne et mondiale est indispensable pour la France.

Le nouveau marché du travail risque d’introduire la dualisation entre les insiders et les outsiders

L’analyse économique enseigne avec Priore et Doeringer (économistes américains) en 1971 dans leur ouvrage Manpower analysis, que les réformes du marché du travail peuvent se traduire par une dualisation de celui-ci entre ceux qui sont à l’intérieur, protégés par des contrats à durée indéterminée et par une augmentation des salaires liée aux conventions collectives et les autres, les outsiders, ceux qui sont à l’extérieur, qui, précaires, peuvent être condamnés à la pauvreté. On range dans cette catégorie des outsiders le cas des détenteurs des mini jobs, d’emplois à durée limitée et d’une catégorie nouvelle qui est celle des autoentrepreneurs pour lesquels les niveaux de revenu sont très faibles. Avec la digitalisation de l’économie, on voit apparaître des nouvelles formes de travail collaboratives (clickworkers) proposées par des plateformes en ligne qui mettent en relation donneurs d’ordre et indépendants pour effectuer des tâches rapides et à bas coût, comme le design, la traduction (comme le révèle Le Monde du 18 août 2017). Ces plateformes sont très actives en Allemagne, elles vont arriver en France et, au nom de la modernité et de la création d’emplois, on dira que la France est sur le sentier du plein emploi. La réalité est malheureusement cynique car ces nouveaux employeurs indépendants acceptent pour certains d’entre eux le statut de précaires. #Emmanuel Macron