Les Philippines, pays constitué de plus de 7000 îles... Un élément de comparaison: les Bahamas situées sensiblement à la même latitude mais dans l'Atlantique en compte 750... dont 350 habitées!
La population dépasse depuis peu les 100 millions d'habitants.
Énorme périmètre côtier, plus grand que celui des Etats-Unis, avec forte concentration des populations défavorisées le long des côtes, l’intérieur des îles est souvent montagneux et peu habité, les plaines sont réservées à la culture du riz, de la canne à sucre, des agrumes, des céréales, ainsi qu'à une aquaculture très développée.

La quasi unique ressource de ces populations défavorisées est la mer, la pêche et le ramassage des coquillages. Il s'en suit donc une très forte pression sur le milieu marin. Ce n'est pas un choix, c'est une nécessité, une question de survie basique, c'est la seule rentrée d'argent et d'approvisionnement en nourriture pour ces familles nombreuses (la contraception aux Philippines en est à ses balbutiements).

Les hommes sont pour la plupart du temps pêcheurs, propriétaires d’une minuscule “banca” (pirogue à double balancier locale), souvent mue uniquement à la pagaie avec quelque fois une petite voile pour revenir à terre. Les plus aisés ont un moteur monocylindre refroidi à air, la ligne d’arbre directement accouplée à la sortie moteur, avec un démarrage à la ficelle. Les femmes en charge de la commercialisation du produit de la pêche une fois prélevés les besoins de la famille, sont femmes au foyer et élèvent les enfants. Les pêcheurs sortent autant que faire se peut car le pays est soumis à de nombreux aléas météorologique comme des typhons, des dépressions tropicales, surtout sur la face est du pays, qui rendent vite la mer mauvaise pour ces frêles esquifs et les clouent à terre, ce qui est dramatique pour eux car le manque de nourriture et d'argent peut durer plusieurs jours voire plusieurs semaines ...


Ceux qui n’ont pas de banca trouvent des embarquements sur de plus grosses unités, qui vont pêcher plus loin, voir très loin pour ceux qui pêchent le thon et ne rentrent à la maison que quelque fois par an... Le produit de la pêche, partagé entre tout l’équipage, reste toujours aléatoire car lié à la réussite des prises, aux nombres de cyclones et aléas divers.

Si beaucoup des moyens employés pour la pêche sont légaux ou très proches, d'autres notamment sur les récifs de corail ne le sont pas. Explosifs et eau de javel ont ici aussi fait de gros dégâts comme aux Caraïbes et probablement d'autres endroits au monde.

Le long des côtes, la pression des pêcheurs est très forte car bon nombre d’embarcations ne peuvent pas s’aventurer très loin, de forts courants sévissant entre les îles et le vent qui a deux directions principales suivant la période de l’année, peut être un obstacle dangereux. Il s’en suit une diminution de la taille des poissons, le faible marnage et les eaux peu profondes rendent cette prédation plus facile.

Il parait donc assez urgent de trouver un palliatif à cet état de fait, dangereux pour l’équilibre naturel des ressources marines.

A suivre dans un prochain article: Eco tourisme à Sabang, Puerto Galera Philippines.

#Monde rural