#François Hollande veut "tout mettre en oeuvre pour conclure un accord en décembre, un accord ambitieux, équitable et universel." Le chef de l'État français s'est exprimé ce matin à Manille, à l'occasion d'une visite officielle de deux jours aux #Philippines pour plaider contre le réchauffement de la planète. Il a également appelé à "la mobilisation de l'opinion publique", affirmant que c'était "le sens de cet appel de Manille". Longtemps oubliées au début du quinquennat du chef de l'État, les problématiques environnementales, climatiques et écologiques semblent désormais faire partie des priorités de François Hollande. Le Président français, qui a récemment fait part de son ambition de "laisser une trace" dans l'histoire en arrachant un "accord historique sur le climat" à la conférence de Paris fin 2015 (COP21), doit notamment s'entretenir avec son homologue philippin Benigno Aquino et participer à des forums avec des milieux d'affaires et la société civile. Pour Stéphen Kerckhove, délégué général de l'association Agir pour l'Environnement, "l'agitation de François Hollande est de bonne augure. C'est encourageant d'aller négocier, parler d'écologie et d'environnement avec les pays du Sud."

Marion Cotillard lance l'appel de Manille

À Manille, François Hollande, accompagné des équipes de Nicolas Hulot, envoyé spécial du président pour la protection de la planète, compte également sur le soutien des deux actrices françaises Marion Cotillard et Mélanie Laurent. La première a lancé ce jeudi l'appel de Manille : "Considérant que nous avons atteint le point de non retour en ce qui concerne le changement climatique, et qu'il faut passer des intentions à l'action, nous appelons les États à travailler partout pour lutter contre le changement climatique, en particulier contre ses impacts". En 2013, elle confiait au Figaro Madame : je suis consternée par la lenteur ambiante, on ne prend aucune mesure radicale alors que tant de choses sont en péril. Nous sommes très en retard. L'écologie est un sujet politique… puis cela ne l'est plus ! Cela varie suivant les opportunismes de chacun. La politique n'insuffle aucun élan et ne délivre aucun message clair. Des promesses sont faites, puis on n'en entend plus jamais parler. Mélanie Laurent de son côté, arrivée d'Inde où elle tourne son documentaire Demain, qui entend dénicher des initiatives locales pour le développement durable, avait déjà posé nue en 2013 pour la campagne Fishlove contre la surpêche: "la crise de la pêche semble très complexe et difficile à comprendre, mais c'est en réalité si simple: tout ce que le monde doit savoir à propos de la crise de la pêche, c'est que si nous ne commençons pas à protéger les poissons, ils meurent", expliquait-elle à cette occasion. Elle est d'ailleurs associée, depuis quelques années, aux campagnes environnementalistes sur la pêche, aux côtés de Greenpeace et d'Ocean 2012.

Les Philippines, pas un hasard

Cette visite aux Philippines, la première pour un président français, est symbolique à plus d'un titre. L'archipel, qui compte plus de 7 000 îles, est l'un des territoires les plus touché par le réchauffement climatique. En novembre 2013, le typhon Haiyan avait fait plus de 7350 morts et rasé de nombreuses villes du pays, pour ce qui reste l'une des catastrophes climatiques les plus violentes jamais enregistrées. Et chaque année, les Philippines sont le terrain d'une multitude de tempêtes et de typhons dont la fréquence augmente, conséquence de l'élévation perpétuelle des températures. Cet État de l'Asie du Sud-Est est également un pays émergent au fort potentiel de développement, qui compte plus de 100 millions d'habitants et qui travaille depuis de nombreuses années au renforcement des capacités de ses institutions à s'adapter au changement climatique. Pour François Hollande, les Philippines constituent donc un interlocuteur privilégié dans la perspective de la conférence de Paris.

Objectif : la Conférence Climat 2015

Car il faut surtout voir dans cette excursion philippine la volonté du Président de préparer le terrain pour le rendez-vous climatique de décembre prochain. Corinne Lepage, ancienne Ministre de l'Environnement et députée européenne engagée de longue date dans la lutte écologique, estime d'ailleurs que "nous avons besoin, pour qu'un accord soit possible à Paris de réunir le plus d'engagements possibles en amont, et ce partout dans le monde." Stéphen Kerckhove, de son côté, invite néanmoins François Hollande, et plus généralement les pays en développement, à agir plus concrètement : "Je pense qu'il y a un principe de responsabilité commune. C'est surtout aux pays occidentaux, qui sont par exemple responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre, de faire davantage d'efforts. La France en fait partie, et elle est loin d'être exemplaire. Nous devons envoyer des signaux de responsabilité, non seulement dans les mots, mais aussi et surtout dans les actes, par exemple en matière d'énergies renouvelables." Le délégué général s'interroge d'ailleurs sur le message généralement envoyé aux pays du Sud et sur les conséquences que cela pourrait avoir à la Conférence Climat 2015 : "il paraît évident qu'il sera compliqué d'obtenir un accord à près de 200 pays, si les pays les plus développés se posent en donneurs de leçon alors qu'ils sont les plus responsables des problèmes environnementaux. S'ils demandent aux autres pays de faire ces efforts pour nous, alors les pays du Sud ne les suivront pas."

Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, Ségolène Royal Ministre de l'Environnement, Annick Girardin Ministre du Développement, mais aussi plusieurs personnalités de l'ONU et la directrice du Fonds vert pour le climat, Héla Cheikhrouhou, seront également présents aux côtés de François Hollande.