Dévoilé en décembre 2014 par la ville de Paris, le plan anti-pollution a finalement été adopté ce lundi 9 février. Proposé par Anne Hidalgo, la maire de Paris, il vise à faire disparaître de la capitale les véhicules les plus polluants d'ici à 2020. Pour parvenir à ce but, plusieurs actions devraient être mises en place.

D'une interdiction partielle à une interdiction totale

Dès le 1er juillet 2015, la circulation des poids lourds et autocars de plus de 14 ans sera interdite entre 8h et 20h. En 2016, les voitures les plus polluantes, immatriculées avant le 1er juillet 1997, ainsi que les deux-roues de plus de 14 ans seront à leur tour supprimés de la circulation, sauf les week-ends où ils pourront circuler normalement. Finalement, entre 2017 et 2020, l'interdiction de circuler se généralisera pour les véhicules immatriculés avant 2011.

Pourquoi ce plan ?

Cette mesure vise à diminuer la quantité des rejets polluants, notamment en particules fines, qui sont à l'origine de nombreux pics de pollution, avec notamment un record atteint le 13 décembre 2014. Cette pollution aux particules fines équivaut à du tabagisme passif permanent et provoque donc des conséquences sur la santé. Le plan anti-pollution adopté par Paris devrait permettre de diminuer l'intensité et la fréquence de ces pics de pollution.

Vers un mode de transport moins polluant

Pour permettre à la population de continuer à se déplacer malgré la suppression des véhicules les plus polluants, le système des transports en commun sera amélioré et les nouveaux modes de circulation, comme la voiture électrique par exemple, seront mis à l'honneur. Ainsi, la ville a décidé de mettre en place un allongement des horaires de circulation, un prolongement des lignes existantes ou encore l'installation de nouvelles bornes de recharge électrique. Des aides financières devraient aider la population à se débarrasser de leurs voitures polluantes pour passer à un mode de transport plus propre en terme de pollution atmosphérique. Enfin, les zones semi-piétonnes seront étendues, les zones 30 km/h généralisées et le nombre de kilomètres de voies cyclables doublé.

Un exemple à suivre ?

La pollution atmosphérique est devenue un problème majeur, que ce soit pour la santé humaine comme pour les enjeux climatiques. Elle est due principalement aux activités tertiaires et résidentielles, essentiellement du fait du chauffage, mais également à l'industrie et, enfin, au transport. Ce dernier représente pour Paris plus d'un quart des rejets de gaz à effet de serre, un quart des rejets de particules fines et plus de la moitié des rejets d'oxydes d'azote. Compte tenu de la densité de la population et des activités en zone urbaine, ces différents éléments chimiques sont très concentrés et provoquent des maladies telles que l'asthme, les allergies, ainsi que d'autres pathologies plus graves encore. Diminuer la concentration de ces polluants est donc devenu un enjeu capital pour les villes à forte population.

Mais la pollution n'est pas l'unique difficulté que rencontre les villes aujourd'hui. En effet, l'encombrement des villes est source de préoccupations quotidiennes pour les urbains, qui passent près d'une heure par jour dans les embouteillages. Ceux-ci provoquent un stress et une fatigue qui peuvent eux-mêmes causer des comportements parfois agressifs.

Amélioration de la qualité de l'air, fluidification du trafic, diminution du stress… le plan anti-pollution semble être une bonne idée à suivre pour le reste des villes françaises.