Au Japon, on attend tous les ans avec impatience la floraison des cerisiers que personne ne voudrait manquer! Il neige alors des pétales blancs sur la foule enthousiaste, ivre de joie et de beauté.

Quant à nous, submergés d'informations de tout ordre, sommés de nous extasier sur la marée du siècle ou d'écarquiller les yeux derrière des lunettes adaptées pour observer l'éclipse, également qualifiée du siècle, nous avons négligé l'arrivée du printemps!

En effet, qui diable s'est intéressé au tapis mauve, pervenche ou parme des violettes qui ont envahi discrètement les sous-bois et les jardins? Quelques promeneurs solitaires, des poètes jugés trop fleur bleue?

Et pourtant, les violettes sont de retour, nous octroyant, la grâce délicate de leur charme fou! Si le muguet fait florès le 1er mai ou si les roses font battre les coeurs le jour de la Saint-Valentin, les violettes semblent avoir été oubliées dans un herbier du siècle dernier...

Qui se souvient des marchandes de violettes dans les rues de Paris, de la chanson interprétée par Dalida qui leur était dédiées ou des cartes postales anciennes témoignant de l'engouement dont elles étaient l'objet ?

Heureusement, il reste une ville, celle de Toulouse où les violettes retrouvent aujourd'hui leur place et leur parfum d'antan! La légende nous apprend que ce serait un soldat toulousain qui, de retour d'Italie, aurait ramené des plantes de violettes de Parme. C'est ainsi que leur culture se développa très vite dès 1845 et en 1907, on comptait plus de 400 exploitants qui se consacraient à la culture de cette plante.

Mais les crises peuvent toucher même les petites fleurs...Ainsi en 2005, on ne dénombrait plus que 5 producteurs de violettes dans la région. Mais en 2006 "La Maison de la Violette" remettait celle-ci à l'honneur pour notre plus grand bonheur! Et la violette renaissait alors sous plusieurs formes: parfums, bonbons, sirops, confitures, violettes confites...

Aujourd'hui n'hésitons plus, fêtons les violettes, offrons-les par bouquets, portons-les à la boutonnière ou conservons-les comme nos aïeules entre deux pages afin qu'elles nous remémorent tout au long de l'année, l'arrivée du printemps avec non pas un brin de nostalgie mais de poésie!