Cette grotte ornée datant de 36 000 ans a été redécouverte il y a une vingtaine d'années par trois spéléologues amateurs Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire.

Ce joyau présente en effet trois caractéristiques très rarement réunies : l'ancienneté, la qualité de la conservation et, la richesse et l'abondance des représentations artistiques : 1000 dessins dont 425 figures animales. Le bestiaire de la grotte avec 14 espèces différentes représentées, dont une majorité d'animaux dangereux (ours des cavernes, rhinocéros laineux, mammouths, félins…) est inédit avec certaines représentations uniques dans l'art pariétal paléolithique (panthère, hibou, partie inférieure du corps féminin). Il s'agit d'un trésor remarquablement conservé, deux fois plus ancien que la Grotte de Lascaux, totalement révolutionné nos conceptions de l'art de cette période.

La grotte a été classée aux Monuments historiques fin 1995 avant de devenir propriété de l'Etat en 1997. C'est le 22 juin 2013 que la grotte ornée du Pont-d'Arc dite Grotte Chauvet est inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Comme le dit Hervé Saulignac,Président du Conseil général de l'Ardèche et Vice-président du Conseil régional Rhône-Alpes, "36 000 ans nous séparent de ces Hommes, artistes de haut-vol, qui s'établirent là, à quelques mètres d'une rivière qui aujourd'hui encore définit notre territoire. Presque tout est semblable, la nature -elle - n'a pas pris une ride. Notre ambition est qu'il en soit de même. Préserver ce chef-d'oeuvre pour les générations futures, continuer à ce qu'il soit indestructible, épargné par les outrages des hommes et du temps est le fondement même de notre action. Une réplique pour tous, un espace préservé pour la science et… pour nos descendants." 

Une réplique a été construite sur les hauteurs de Vallon Pont d'Arc. Les 8 500 m² de la grotte ornée du Pont d'Arc ont été compactées sur 3 000 m² de manière homothétique, en étroite collaboration avec l'équipe scientifique, de manière à conserver l'apparence des volumes originaux, dans un esprit naturaliste.

Il s'agit d'un projet porté par le Conseil régional Rhône Alpes et le Conseil général de l'Ardèche, avec un soutien fort de l'État et de l'Union Européenne, a été confiéeaux architectes du cabinet Fabre / Speller (Xavier Fabre et Vincent Speller) et de l'Atelier 3A (Albert Ollier) associés, pour la scénographie, à l'agence parisienne Scène (Jean-Hugues Manoury et Mélanie Claude) et à un groupement de maîtrise d'œuvre réunissant 35 entreprises de construction, industrielles, artisanales et artistiques.

Le chantier a nécessité 30 mois de travaux, avec la volonté commune de faire partager au plus grand nombre ce sanctuaire pariétal préhistorique. Comme pour la vraie grotte, la totalité du parcours s'effectue sur une passerelle et est ponctuée de 10 stations d'arrêt et d'observation. Le relief des parois est restitué au millimètre, et les peintures, gravures et représentations les plus remarquables ainsi que les éléments paléontologiques et géologiques essentiels sont traités à l'échelle 1 à partir des originaux numérisés. L'objectif est de restituer les émotions suscitées par la grotte originale et de révéler l'invisible.

Le site comprend cinq bâtiments (la réplique, la galerie de l'Aurignacien, le pôle pédagogique, l'espace événementiel, le pôle restauration) répartis sur une dizaine d'hectares. Cette structure éclatée rend autonomes et distincts des bâtiments, par ailleurs fortement intégrés à la topographie du site. Pour reconstituer l'atmosphère du milieu souterrain, les cinq sens sont stimulés. Fraîcheur, humidité, silence, obscurité, sensations olfactives contribuent à immerger les visiteurs dans cet univers si particulier, qui semble encore habité par la présence des hommes mais aussi celle des ours.

La réplique sera ouverte aux visiteur le 25 avril prochain.