Hommes, femmes, enfants, venus de partout en France et même d'ailleurs, se sont réunis ce samedi 21 mars sur les digues de Saint-Malo afin de pouvoir admirer la marée la plus haute du siècle.

Une ampleur phénoménale

Pour certains, originaires de Saint-Malo ou de ses alentours, la marée du siècle n'était qu'une occasion comme une autre de voir quelque chose de joli... Toutefois, ceux-là n'auraient pas tous envisagé de se déplacer plus loin si cela avait été nécessaire, comme une jeune femme native de la région bretonne l'a déclaré. D'autres, en revanche, n'ont pas hésité à venir de partout en France et même des pays frontaliers, réservant leur week-end parfois plusieurs semaines à l'avance afin d'assister en première ligne à cet événement naturel qui ne se reproduira pas avant de nombreuses années. Dans la région, les hôtels ont connu un pic de fréquentation jamais enregistré pour la saison, et de nombreuses maisons d'hôtes se sont vues obligées de refuser d'éventuels clients pour cause de manque de place. À l'entrée comme à la sortie, les rues de la ville étaient impraticables.

20h, horaire de ralliement

Selon les prévisions, les vagues les plus hautes devaient être visibles le samedi 21 mars à partir de 20h. Cependant, la nature offrait déjà un premier aperçu la veille au soir... Et, parmi les personnes présentes, certaines, que les bains de foule incommodent, envisageaient de revenir douze heures plus tard pour observer une nouvelle très haute marée avant un retour à la normale.

La mer monte, la ferveur aussi

Dès 18h30, les rues étaient noires de monde et la foule se pressait le long de la digue. Le ciel était couvert et le vent qui se levait promettait un spectacle grandiose. Au fur et à mesure que l'heure tournait, l'eau montait à vue d'œil, la température baissait, et l'excitation était palpable de tous côtés. 

À 19h30, la lame recouvrait intégralement le sable de la plage, et environ dix minutes plus tard, les premières éclaboussures sont venues arroser la partie la plus avancée de la digue.

Enfin, vers 20h, tous ceux qui se trouvaient suffisamment près ont pu admirer un courageux bateau, venu là spécialement pour assister au spectacle depuis la meilleure place.

Ce qui était attendu, ce qu'il s'est réellement passé 

Il n'y avait plus un seul espace de libre le long de la digue, mais nombreux étaient les spectateurs qui ne s'en formalisaient pas, se disant que, de toute manière, les vagues les plus impressionnantes seraient visibles depuis l'autre côté de la rue (qui présentait l'avantage non négligeable de se trouver au sec).

Des forces de polices avaient été dépêchées sur place pour veiller à la sécurité de la foule, et évacuer la digue si jamais les vagues devenaient trop violentes. Mais, heureusement ou malheureusement, leur intervention s'est révélée inutile. En effet, le vent qui soufflait en début de soirée s'est peu à peu transformé en une brise trop faible pour porter le courant plus haut que le mur de pierre, si bien qu'à 20h15, les rues commençaient déjà à se vider.

Une déception?

Ceux qui avaient fait une longue route et qui espéraient observer de hautes vagues dignes des meilleurs effets spéciaux ont probablement été déçus. Et finalement, ceux qui ont vu le plus beau spectacle étaient sans conteste ceux qui se trouvaient au premier rang, ceux-là même qui, pour éviter les vagues les plus fortes, ont à plusieurs reprises bondi en arrière dans un éclat de rire. Enfin, juste en face de la mer, se dressait Le Nouveau Monde, hôtel dans lequel séjournaient les plus chanceux, qui ont pu admirer le spectacle du haut de leur balcon tout en évitant la douche froide.

De la même manière que l'éclipse du 20 mars dans certaines régions de France, la grande marée n'aura pas donné tout ce qu'elle promettait à cause des aléas de la météo. Une déception pour certains, un moment de plaisir pour d'autres, en réalité, tout dépend ce à quoi chacun s'attendait au départ.