Phénomène cyclique, les grandes marées nous reviennent tous les 18 ans environ. Mais comme dans tous phénomènes, certaines de ces mouvements détiennent des records, on parle alors de "marée du siècle". Samedi prochain, soit le 21 mars, l'équinoxe de printemps, la hauteur de la mer ou de l'océan -façade Atlantique, Manche ou mer du Nord- devrait atteindre pratiquement les sommets. En effet, les coefficients entre la hauteur de l'eau à marée basse et haute donnent une échelle située entre 20 et 120. Par temps normal, on estime à 70 cette mesure. Les spécialistes pensent que pour le week-end prochain, les coefficients pourraient atteindre 119, et donc une des plus grosses marées de ce siècle. Un premier avant-goût fut donné le mois dernier, et on se souvient des images de la baie du Mont-Sain-Michel, déjà fortement envahie par une montée d'eau plus rapide que d'ordinaire.

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Mais qu'est une marée?

Celles-ci sont provoquées par les attractions conjointes de la Lune et du Soleil. Force provoquant donc cette montée et descente de la hauteur de l'eau, et ce quatre fois par 24 heures. Mais dans le cas qui nous occupe, ce "phénomène amplifié" sera déterminé par l'addition de trois facteurs. Dans un premier temps, le Soleil -période d'équinoxe oblige- en passant au dessus de l'équateur produit sur les marées une force plus importante, et donc les coefficients sont plus important en mars et septembre. Ensuite, le 20 mars la mouvelle Lune nous arrive, et sera placée dans le même axe que le Soleil, ce qui revient à dire que les trois astres seront parfaitement alignés et que l'attraction en sera additionnée (on parle alors de "syzygie"). Enfin, troisième particularité, la Lune sera au plus près de la Terre (périgée) et donc son attraction sur les eaux en sera renforcée.

Trois phénomènes devant nous conduire à des mouvements importants des mers et océans. Ici et là, on se prépare à ces déplacements, et toutes les mesures sont prises afin de protéger les côtes, immeubles et personnes. En ce qui concerne la Belgique, et plus particulièrement Ostende, on n'a pas attendu les prévisions des spécialistes pour s'employer à rehausser le niveau du sable, à construire des "murs anti-marées" (amovibles), et donc il ne doit pas avoir trop de craintes du côtés des autorités portuaires et communales des villes balnéaires.

Quid du Mont-Saint-Michel?

Toute la façade Atlantique, la Manche et donc la Mer du Nord seront confrontées à ces grandes marées, et la plus grande prudence est donc de mise sur les sites les plus sensibles. Parmi ceux-ci, on pense au Mont-Saint-Michel qui devrait subir un marnage de 14,15 m (différence entre niveau bas et haut de l'eau), ce qui représente la hauteur d'un immeuble de quatre étages. Le siècle dernier, lors de la dernière marée importante, ce chiffre atteignait 13,70 m. Comme on sait que tout ce qui touche l'interdit et le danger est fort apprécié de certaines personnes, on souligne qu'il faut rester prudent tout en respectant les consignes en fonction de la météo. On espère ne pas revivre des moments dramatiques, lors de ces marées. Pas une photo, pas une vidéo et encore moins un selfie ne valent la peine de s'exposer. L'océan ne laisse que très peu de chance de lutter en vainqueur.