Les autorités camerounaises, tout comme la communauté scientifique, redoutent une nouvelle émanation de gaz du lac Nyos. Ainsi, à la suite d'une visite récemment effectuée au Cameroun, le Pr Minoru Kusakabe, géochimiste japonais, a présenté les conditions pouvant permettre de parer à d'éventuelles catastrophes. Même si 70% d'émanations de gaz ont pu être évacuées.

Selon le scientifique japonais, « le lac Nyos a été vidé d'une bonne partie de son gaz. Seulement, le magma est encore endormi. » Il a fait cette déclaration au cours d'un point de presse organisé le 20 mars à Yaoundé, devant la presse, au siège de l'Agence japonaise de coopération internationale (Jica). C'était en présence d'Umemoto Shinji, le représentant-résident. Le Pr Minoru a par ailleurs présenté le résultat de ses recherches sur l'origine de la catastrophe de 1986, et surtout envisagé les voies et moyens pour éviter une éventuelle réapparition du phénomène.

Recharge des cellules magmatiques

Il faut rappeler que le 21 août 1986, le lac Nyos, au Nord-Ouest du Cameroun, avait libéré près d'un kilomètre cube de dioxyde de carbone (Co2), occasionnant des milliers de victimes et de déplacés. Et ce n'est qu'en 2001 qu'un processus de dégazage avait été engagé, avec une seule colonne de très faible diamètre. Néanmoins, en raison de la menace qui demeure, l'opération a été accélérée en 2011. On y a installé deux nouvelles colonnes de deuxième génération. Et cela a permis d'accroître les quantités de gaz évacuées.

Pour ce qui est de la quantité de gaz restante, les scientifiques de l'Institut de recherches géologiques et minières (IRGM) estiment que c'est dans trois ans que le dégazage pourrait être complet. Mais le danger plane toujours : en effet, le système de dégazage n'empêche pas la recharge en Co2 qui provient des cellules magmatiques.

Monitoring

Bien plus, le Pr Minoru Kusakabe estime que le lac Nyos est un lac de cratère. Ce qui signifie qu'il est situé au-dessus d'une poche magmatique, d'où partent des lignes de failles. Par conséquent, ces lignes entrent en contact avec le fond du lac. C'est dire que le fond du lac Nyos est une zone d'une forte activité volcanique.

Plus que par le passé, les pouvoirs publics camerounais doivent redoubler de vigilance, étant donné que les émanations de gaz s'accumulent en permanence au fond du lac. Les administrations en charge du dégazage au Cameroun sont appelées à faire un monitoring de toute urgence. Il s'agit du ministère de la Recherche Scientifique et de l'Innovation, du ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation et de l'IRGM. #Ecologie