Cinq mois sont passés depuis les violentes inondations qui ont frappé le sud-Aveyron, le 28 novembre 2014. 151 jours se sont écoulés et pourtant certaines traces sont toujours très visibles. Un peu trop vite oubliée, Saint-Affrique panse ses plaies, dans le silence.

Vendredi 28 novembre 2014, un jour semble-t'il comme un autre. Il pleut à torrent, mais pour un mois de novembre dans le Sud, quoi de plus normal. Mais plus les heures passent, plus la petite rivière - la Sorgues - qui serpente tranquillement entre les maisons de Saint-Affrique gronde et menace les habitations. Vers 15 heures, certaines personnes s'inquiètent et déplacent leur voiture mais d'autres ayant connu de nombreuses crues ne semblent pas se rendre compte des risques. Il pleut un peu moins et l'eau arrête de monter, tout le monde semble soulagé pourtant le pire est à venir. En début de soirée, la nuit tombe et la rivière monte de nouveau. Les ponts de la ville et de celles aux alentours sont coupés pour éviter tout accident.

Le niveau des eaux atteint 6,80 mètres à son maximum. Les ponts et les routes sont totalement submergées et nombreuses habitations sont touchées. Certains habitants ont eu jusqu'à 1m50 d'eau dans leur maison. Dans la nuit du vendredi au samedi, les patients de l'hôpital sont transportés en ambulance jusqu'à Montpellier pour éviter tous risques inconsidérés. Dès le lendemain, c'est la solidarité qui a primé. Essayer autant que possible d'effacer les stigmates de la crue et secourir ceux qui en avaient besoin. La générosité s'est traduite par des dons de vêtements comme de nourriture et d'eau potable. Les Saint-Affricains se sont déplacés pour aider les sinistrés à débarrasser la boue et l'eau accumulées dans les maisons et les rues.

Cinq mois plus tard, les maisons longeant la Sorgues sont encore "marquées" par le niveau d'eau, à l'extérieur comme l'intérieur. Les rues coupées en novembre ont ouvert à nouveau après de nombreux travaux. Mais certains commerces et entreprises ont du mal à remonter la pente. Plusieurs services de l'hôpital ont été fermés et transférés ailleurs. Il ne rouvriront probablement jamais à Saint-Affrique. Un des deux supermarchés a rouvert ses portes qu'en mars et l'abattoir ne sera en service qu'à partir de cet été.

Même si l'état de catastrophe naturelle a été donné à la commune, les coûts sont colossaux et les travaux qui vont suivre prendront forcément de nombreux mois. Pas simple donc pour les habitants de tenter de tourner la page si le passé revient sans cesse à travers des traces indélébiles. #Monde rural #Montpellier société