Alors que la Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a dévoilé mercredi son projet de protection des abeilles et des insectes pollinisateurs, le président américain Barack Obama, lui aussi, est mobilisé : la Maison Blanche a en effet présenté cette semaine un plan de sauvegarde des fameuses ouvrières. "La pollinisation par les seules abeilles représente, chaque année, plus de 15 milliards de dollars de récoltes agricoles dans le pays, mais ces pollinisateurs souffrent" a d'ailleurs précisé John Holdren, conseiller scientifique du président des États-Unis. Et d'ajouter : "Les insectes pollinisateurs sont essentiels pour l'économie nationale, la sécurité alimentaire et l'environnement".


Des dégâts considérables


Aux États-Unis, les apiculteurs américains auraient perdu en 2014 plus de 40% de leurs colonies d'abeilles. L'année précédente, près de la moitié des abeilles dites "domestiques" avait déjà disparu. Des chiffres pour le moins alarmants qui poussent les autorités américaines à passer la vitesse supérieure pour la préservation d'une espèce essentielle à l'humanité. L'objectif au niveau fédéral, est dans un premier temps de limiter la mortalité des abeilles à 15% dans les dix années à venir, mais aussi de restaurer et d'agrandir leur "habitat". Après des études poussées, des chercheurs américains ont également déterminé les différentes raisons, selon eux, du déclin des colonies d'abeilles : un virus, une mite parasite, la toxicité de certains pesticides, et enfin la diminution des éléments nutritifs disponibles. Autant de paramètres sur lesquels la Maison Blanche entend travailler dans les années à venir. #Ecologie


Un double discours


Si les États-Unis reconnaissent l'impact négatif sur les abeilles de l'utilisation de certains produits dans l'agriculture, les autorités américaines semblent vouloir le relativiser. C'est tout du moins l'avis des observateurs, qui estiment d'ailleurs qu'il est urgent de réduire considérablement l'usage des pesticides dans le pays. Il y a un an presque jour pour jour, le Président russe Vladimir Poutine montrait lui aussi tout son agacement à l'administration Obama en faisant attendre plus de trois heures John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, lors d'un voyage diplomatique en Russie. La raison ? Le refus de Barack Obama d'aborder avec son homologue soviétique la question de la sauvegarde des abeilles. Et surtout l'entente cordiale entre la Maison Blanche et les deux groupes Monsanto et Syngenta qui produisent les fameuses néonicotinoïdes présentent dans les pesticides et qui constituent un véritable poison pour les abeilles et le reste des insectes pollinisateurs. Le Kremlin, de son côté, estime que cet "apocalypse des abeilles" pourrait "très certainement mener" à une nouvelle guerre mondiale.