Les négociations sur le climat ont repris hier à Bonn, en Allemagne. 181 jours avant l'ouverture de la COP21 (Conference Of the Parties) à Paris en novembre prochain, beaucoup de questions restent en suspens concernant les mesures à prendre contre le réchauffement climatique. Pourtant, la situation semble plus qu'urgente.

2° C

LE chiffre qui reviendra tout au long des négociations de Bonn et de la COP21. Deux degrés, c'est l'engagement qui devrait être pris fin 2015 afin de limiter l'élévation mondiale de la température à 2°C (et ce, par rapport à l'époque préindustrielle). Deux petits degrés qui pourront cependant changer beaucoup de choses pour l'avenir de la planète. L'accord confirmerait les promesses faites en 2009 lors de la quinzième conférence des Nations Unies sur le climat.

Près de 20 000 délégués et observateurs seront présents lors de la COP21. Leur mission principale ? Trouver un ou plusieurs terrain d'entente qui permettront de préserver la planète et assurer des conditions de vie acceptables pour les futures générations. Alain Mazaud, climatologue en région parisienne, l'a rappelé lors d'une conférence sur la COP21 : « C'est surtout la génération des années 2090 qui verra les conséquences de nos décisions ou non-décisions ».

41 000

Si rien ne change, les émissions de Co², atteindront 41 000 milliards de tonnes en 2030 (contre 36 aujourd'hui, source : GIEC). Pourtant d'après certains chiffres concernant les États-Unis, l'un des trois pays les plus pollueurs, les émissions de Co² auraient diminué depuis les années 1980 : 19,7 milliards de tonnes en 1981 contre 17,6 milliards de tonnes en 2010. Rappelons que les États-Unis se sont engagés, lors d'un sommet avec la Chine en novembre dernier, à réduire leurs émissions de Co² de 26 à 28% d'ici 2025. Les pays émergents auraient malheureusement rattrapé leur retard en matière d'émission de dioxyde de carbone. L'Inde a, par exemple, triplé ses émissions passant de 0,6 en 1984 à 1,7 milliard de tonnes en 2014. De son côté, le Brésil a connu une augmentation de 0,5 milliard de tonnes d'émission de Co2 en vingt ans.

Toujours d'après le rapport du GIEC, deux chiffres permettent de constater à quel point les négociations sur le climat sont primordiales : la Terre peut tolérer « sans trop de dégâts » 2300 gigatonnes d'émission de Co². Il n'en reste aujourd'hui que 1000 pour atteindre cette limite...

4,8°C

D'ici 2100, la température de notre atmosphère pourrait augmenter de 4,8°C. Un changement hautement significatif, sinon le plus parlant. Si cette augmentation se confirme, la fonte des glaces sera accélérée et ces dernières pourraient se réchauffer plus rapidement que les surfaces continentales. Le rapport du GIEC est très clair : les vagues de chaleur continueront et dureront même bien plus longtemps. Signe d'un changement radical : la fonte, non pas des glaces, mais du bitume, la semaine dernière en Inde, où la température ambiante de la capitale a dépassé de 5°C la température habituelle.

1600

C'est, en milliards de dollars, l'investissement jugé nécessaire par l'Agence Internationale de l’Énergie dans les technologies bas carbone, 700 milliards de plus que prévu aujourd'hui. Ces technologies bas carbone permettraient de réduire de façon plus efficace la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Lors de la COP21, l'objectif sera, lui, de parvenir à libérer, comme prévu à Copenhague en 2009, la somme de 100 milliards de dollars par an par l'ensemble des pays développés.

82

D'après un rapport du GIEC datant de 2013, le niveau des eaux pourraient monter de 26 à 82 centimètres d'ici 2100. Une éventualité déjà (très) pessimiste, mais la montée du niveau de la mer pourrait même atteindre les 98 centimètres dans le pire des scénarios. Selon un rapport conduit par des climatologues et remis à la ministre de l'Environnement Ségolène Royal en mars 2015, le niveau de la mer a, en moyenne, gagné vingt centimètres, dont sept ces vingt dernières années. Si aucune mesure concrète n'est prise pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, certaines régions du monde pourraient devenir inhabitables, voire disparaître de la carte.


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