Le 18 juin 2015, l’Office européen de police annonçait que des quantités immenses de contrebande animale à savoir plusieurs tonnes d’ivoire, des cornes de rhinocéros, des os de baleine avaient été saisies dans une opération impliquant 62 pays. Il annonçait aussi l’arrestation d’au moins 300 trafiquants.

Le 19 juin 2015, 3 rangers étaient tués dans le parc Garamba (République démocratique du Congo)...

Le braconnage de la faune sauvage a pris une ampleur considérable en Afrique et ailleurs, la criminalité y étant très organisée.

Le marché illégal des espèces est le 4ème marché illégal du monde après le trafic de drogues, la traite des humains et les contrefaçons : 20 milliards d’euros !

Devant de tels dommages causés à la biodiversité avec à terme la disparition de certaines espèces, éléphants et rhinocéros entre autres, il faut réagir.

 

A l’échelle de la France, le braconnage traditionnel tel que Maurice Genevoix l’évoque dans Raboliot reste stable : 1000 infractions par an pour défaut de permis ou chasse avec des engins prohibés. Ce qui augmente c’est le trafic international : civelles revendues 8000 euros le kilo en Chine, champignons récoltés en France et revendus en Espagne... Car il faut savoir que le braconnage des espèces mentionnées à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvages menacées d’extinction) est aux mains de la criminalité organisée et finance le terrorisme ! 40% des revenus des Chebab de Somalie provient du trafic de l’ivoire. La mode des NAC (nouveaux #Animaux de compagnie) engendre des petits trafics locaux lucratifs. Sont concernées les tortues de Hermann ou les mygales par exemple. C’est en surveillant Internet que l’on peut réussir à coincer les trafiquants : 9500 annonces pour une valeur de 8 millions d’euros en 2014 !

On a connu jadis des trafics d’animaux de compagnie, mais le fait d’insérer sous la peau une puce électronique les a fait diminuer. Si la mesure était étendue à toute l’Europe, le trafic disparaîtrait.

 

Qui nous protège ? L’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) et sa police, la gendarmerie, les agents de l’ONF (Office national des forêts), les douanes. La mutualisation des personnels et des moyens améliore l’efficacité de la lutte.

De plus la loi sur la biodiversité va alourdir les peines et les sanctions.

 

Au niveau européen, la commission a mis en place un nouveau plan d’action : 32 pays ont signé la déclaration de Kasane (Botswana) visant à éradiquer le commerce illicite en instaurant la tolérance 0.

 

Pour lutter contre les trafics en tous genres ayant trait à la biodiversité il faut :

            - éduquer les populations

            - avoir une vision claire des problèmes et de leurs solutions

            - s’entendre avec tous les pays concernés

et cela marche : au Botswana qui a mobilisé toutes ses forces vives et éduqué sa population 130000 éléphants ont été recensés ce qui a permis de développer un tourisme « haut de gamme » avec des retombées économiques importantes (12% du PIB).

En Inde, le nombre de tigres est passé de 1411 en 2008 à 2226 en 2014. Là aussi les populations ont été éduquées et les trafiquants sévèrement punis.

En Namibie, la protection de l’environnement est inscrite dans la constitution. C’est pourquoi elle abrite la plus grande population de rhinocéros noirs et de guépards de l’Afrique et sa population de lions augmente régulièrement.

 

De plus la chasse durable associée au tourisme est une source de revenus importante assurant l’autofinancement des parcs et réserves ainsi qu’une redistribution au niveau local ce qui incite les individus à protéger les animaux, car la vigilance et l’implication des populations est un rempart efficace contre le braconnage.

On a donc des raisons d’espérer que la biodiversité triomphera et que les générations futures pourront encore admirer les grands fauves ou les perroquets dans leurs milieux naturels.

Reforestation

Rhinocéros