L'opacité la plus totale est la règle dans la gestion de l'eau en France.

Les chiffres publiés par le ministère de l'écologie datent un peu , mais il donnent un aperçu des disparités géographique du prix de l'eau.

Six agences se partagent le marché juteux de la distribution de l'eau.

Voici, dans le détail, le prix moyen du mètre cube d'eau de chaque agence régionale,

Calculé sur la base d'une facture annuelle de 374 € pour une consommation moyenne de 120 m3  : ( à noter qu'en fonction de l'ancienneté du prix moyen, certains chiffres ont du être revus à la hausse depuis .) 

  •             Adour - Garonne    :     3,68 € le m3                (chiffre 2013)
  •             Artois - Picardie     :     4,40 € le m                   (chiffre 2014)
  •             Loire - Bretagne    :     3,18 € le m3                 (chiffre 2006)
  •             Rhin - Meuse        :      3,23 € le m3                (chiffe 2008)
  •             Seine - Normandie :    3,72 € le m3                ( chiffre 2011)
  •             Rhône - Méditerranée - corse :   2,89 € le m3 (chiffre 2007) 

Ces chiffres étant une moyenne, ils varient, de manière conséquentes, selon les départements. Et c'est là où réside la supercherie du système !

Pour comprendre, il faut jeter un oeil sur le détail de notre facture. Sur la même base (facture de 374 € pour 120 m3) , la répartition est la suivante:

  • 172 €       :      Production et distribution de l'eau potable .
  • 139 €       :     Traitement des eaux usées.
  •   63 €       :     Taxes et redevances .

La redevance est un impôt lié à la pollution d'origine agricole . Elle a progressé de 24 % entre 2007 et 2013, pour atteindre une moyenne annuelle de 2,2 milliards d'Euros. 

Qui Paye !

En 2013 , 87 % des redevances perçues par les agences étaient supportés par les USAGERS,  6 % par les Agriculteurs, 7 % par les industriels.

Principaux pollueurs, les éleveurs, à l'origine notamment de la prolifération des algues vertes, n'ont payé que 3 millions d'Euros en 2013, alors que le  coût du nettoyage des algues sur le littoral est estimé à environ 30 millions d'Euros par an.

Dans les départements où la concentration d'élevages est très importante, la redevance explose, uniquement sur la facture des particuliers.

De très gros cadeaux aux entreprises .

Un exemple concret : A la faveur d'en engagement " vague " à cesser de déverser des résidus de bauxite en méditerranée, le groupe RIO - TINTO a obtenu une ristourne, réglant ainsi une facture de 2,3 millions d'Euros au lieu de 13 millions d'Euros.

Un rapport de la cour des comptes dénonce " les pollueurs insuffisamment taxés". Elle fustige aussi la "transparence insuffisante" quant à l'attribution des subventions et des prêts accordés aux pollueurs.  ,et oui  en plus ils touchent des subventions!

Les conflits d'intérêts : Les agences de l'eau sont gérées par des conseils d'administrations. Y siègent les agriculteurs, les représentants de l'industrie agro-alimentaire, les élus locaux et les usagers, lorsque l'état est minoritaire. C'est, du moins, ce qui devrait être la norme ! Mais les pressions de la filière agricole en ont décidé autrement.

C'est désormais la fédération nationale des syndicats des exploitants agricole qui dispose d'un quasi monopole de représentation dans les conseils d'administrations.

Il n'est donc pas étonnant de voir transférer sur la facture des particuliers les montants de la redevance liée à la pollution agricole !

On est jamais mieux servi que par soi-même ......... #Ecologie